Le RSA, c'est pour quand à La Réunion?

L'objectif annoncé en 2005 par le gouvernement, était de réduire d'1/3 de la pauvreté en France. Pour cela, selon lui, il fallait inciter la population à se remettre au travail.
Une des mesures incitatives est le RSA, qui remplace le Revenu minimum d'insertion (RMI), l'allocation de parent isolé (API) ainsi que certaines aides forfaitaires comme la prime de retour à l'emploi, par exemple.
RSA, Revenu de solidarité active, cela veut surtout dire qu'il faut déjà travailler pour y avoir droit, à la grande différence du RMI. Le bénéficiaire doit donc s'engager à rechercher activement un boulot pour pouvoir toucher le RSA.
Le dispositif vise à favoriser le retour à l'emploi des personnes qui touchent les minima sociaux. Pour l'instant, il apparaît qu'une majorité de RMIstes préfère rester au RMI plutôt qu'aller travailler. En effet, certains emplois rapportent parfois moins qu'un RMI, sans compter que lorsqu'ils travaillent, ils sont susceptibles de perdre d'autres aides (comme les APL, par exemple). En clair, le RSA doit garantir à toute personne qui retrouve un emploi qu’elle gagnera davantage que lorsqu’elle ne travaillait pas. Le RSA est alors un complément de revenu pour les travailleurs pauvres, et un minimum social pour ceux qui ne travaillent pas.
Par exemple, prenons le cas d'une personne célibataire sans enfant qui touche un RMI de 405 euros : si elle travaille à mi-temps, et gagne 560 euros mensuels, elle touchera 192 euros supplémentaires mensuels en guise de RSA.
Autre exemple, un célibataire avec 1 enfant, qui travaille à mi-temps, et qui touche 610 euros net par mois à mi-temps, touchera 348 euros supplémentaires de RSA, soit au total 958 euros, là où le RMI ne lui rapportait que 681,95 euros.
Le RSTA, un dispositif temporaire
A La Réunion, on peut déjà bénéficier du RSTA, une sorte de "pré-RSA" , en vigueur uniquement dans les départements d'outremer. Pour répondre à la crise aux Antilles et à la demande d’augmentation de pouvoir d’achat, le Gouvernement a proposé, en juillet 2009, de créer une mesure spécifique de soutien des travailleurs aux revenus les moins élevés, en attendant la mise en place du RSA dans les Dom. En effet, avant de pouvoir lancer le RSA, il fallait tenir compte des dispositifs propres à tous ces territoires.
Le RSTA, ou Revenu supplémentaire temporaire d'activité, concerne les personnes qui ont un contrat de travail et dont le revenu brut est inférieur ou égal à 1,04 Smic (soit 1396,48 euros). Sans être l’équivalent du RSA, la prestation financée par l’État peut atteindre jusqu’à 100 euros bruts par mois. Si votre durée habituelle de travail est inférieure à 35 heures par semaine, ce montant est réduit proportionnellement. Mais la condition pour pouvoir y prétendre, est qu'il faut travailler près de 35 heures par semaine, ce qui exclut les employés qui travaillent de façon occasionnelle, ou bien qui ont des contrats très courts et à durée déterminé.
Le RSA déjà critiqué
Les problèmes sont d'abord matériels. Comme le dispositif doit, à partir de janvier 2011, concerner tous les anciens RMIstes mais aussi les titulaires de l'API et les travailleurs pauvres (moins de 880 € mensuels), le nombre de dossiers à suivre par la CAF serait plus que doublé par rapport au RMI, ce qui suppose des moyens humains supplémentaires qui ne sont pas encore garantis.
Il y a aussi une question de financement : Les Conseils généraux auront à assumer une grande partie de ces RSA, ce qui entraînera peut-être des déséquilibres entre les différents conseils. N'y a-t-il pas de risque de créer des RSA à plusieurs vitesses en raison des inégalités de moyens des départements ?
Enfin, par rapport au RMI, les différences ne sont pas négligeables. La gratuité des transports pour les RMIstes pourrait être remise en cause, par exemple. Sans compter que le bénéficiaire du RSA sera désormais redevable de la taxe d'habitation. Et puis, à quelques exceptions près, il faut "être français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre d’un titre de séjour autorisant à travailler" (Art. L. 262-4) pour pouvoir bénéficier du RSA. Le RSA restreint donc les droits des étrangers par rapport au RMI.
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