Le RN récupère deux vice-présidences de l’Assemblée grâce à des voix venues des Macronistes

Le Bureau de l’Assemblée a été renouvelé mercredi. Les députés Sébastien Chenu et Hélène Laporte (RN) ont retrouvé des postes de vice-présidents, un retour rendu possible par des soutiens au-delà de leur camp. La gauche dénonce une brèche dans le « front républicain ».
La nouvelle session parlementaire s’est ouverte avec un premier affrontement autour du partage des postes au Bureau de l’Assemblée nationale. Le Rassemblement national, qui avait perdu toute représentation l’an dernier, a réussi à revenir dans l’organigramme de l’institution. Dès le premier tour de scrutin, Sébastien Chenu (341 voix) et Hélène Laporte (340 voix) ont été élus vice-présidents, retrouvant ainsi des fonctions qu’ils occupaient déjà entre 2022 et 2024. Ces postes leur permettent de présider ponctuellement les séances dans l’hémicycle et d’asseoir davantage la visibilité du groupe. « C’est une victoire pour nos onze millions d’électeurs », a réagi Marine Le Pen sur le réseau X.
Cette percée s’explique par le choix de plusieurs élus de la majorité présidentielle et de ses alliés de voter pour les candidats RN, au nom d’une répartition proportionnelle au poids des groupes. Une ligne défendue depuis des mois par Yaël Braun-Pivet (Renaissance), présidente de l’Assemblée. À gauche, la réaction a été immédiate. La socialiste Mélanie Thomin a regretté que des députés « ayant participé au front républicain » lors des dernières législatives aient cette fois « offert des voix au RN ». L’écologiste Jérémie Iordanoff a, lui, parlé d’un accord « extrêmement grave » entre la majorité centrale et l’extrême droite.
Le scrutin a également confirmé la reconduction de deux insoumises, Clémence Guetté et Nadège Abomangoli (désignée première vice-présidente), ainsi que des centristes Christophe Blanchet (MoDem) et Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons). Les écologistes, comme Renaissance et Les Républicains, sortent en revanche affaiblis, ayant perdu une vice-présidence chacun.
Parallèlement, les trois questeures sortantes – Christine Pirès Beaune (PS), Michèle Tabarot (LR) et Brigitte Klinkert (Renaissance) – conservent leurs responsabilités financières. Jeudi doit se poursuivre le renouvellement du Bureau avec la désignation des secrétaires, mais aussi l’attribution des présidences de commissions permanentes, dont celle des Finances, réservée à l’opposition et convoitée par Éric Coquerel (LFI), sortant en quête de prolongation.


