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Le prix Thérèse Baillif décerné à la docteure Anne Christelle Richauvet

La première édition du prix Thérèse Baillif a vu Anne Christelle Richauvet être récompensée par le Département. Cette médecin généraliste de la Rivière Saint-Louis s’est engagée dans la lutte contre les violences intrafamiliales après avoir perdu une amie d’enfance, tuée par son ex-compagnon.
Ecrit par N.P. – le vendredi 8 mars 2024 à 19H08
Thérèse Baillif, Cyrille Melchior et Anne Christelle Richauvet.

Malgré sa gorge souffrante, Thérèse Baillif a tenu à honorer de sa présence la première cérémonie du prix qui porte son nom, ce vendredi après-midi à l’hôtel du Département. À 93 ans, l’ancienne présidente du Collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales (Cevif) assure avoir encore de l’énergie pour « continuer à contribuer, dans toute la mesure de [ses] possibilités, à une société bienveillante et solidaire. »

Initié par le Département, le prix Thérèse Baillif ambitionne de « soutenir les femmes et leurs combats quotidiens ». « Les violences sont le plus grand danger de notre société créole. Elles brisent des vies, elles brisent des familles, et mettent en danger notre vivre-ensemble créole », a ainsi déclaré Cyrille Melchior.

« Ce prix porte un nom, mais surtout un visage connu et reconnu, le visage de l'engagement au féminin, de la détermination et du courage. Le visage de la femme réunionnaise, engagée certes, mais accessible, bienveillante. Ce visage, c'est celui de Thérèse Baillif. C'est une femme en avance sur son temps. Avec cette volonté de briser le tabou et de libérer la parole, à travers notamment son engagement dans plusieurs associations », a poursuivi le président du Département.

C’est une médecin généraliste de la Rivière Saint-Louis, Anne Christelle Richauvet, qui a obtenu le prix pour son combat contre les luttes intrafamiliales. Un cheminement personnel au cours duquel elle a croisé la route de Thérèse Baillif en 2012, alors qu’elle était une jeune étudiante et qu’elle préparait une thèse sur ce même sujet, après avoir suivi des formations en victimologie et psycho-traumatologie dans l’île.

Anne Christelle Richauvet, mère de deux enfants âgés de cinq ans et un an, a vu sa vie basculer le 14 octobre 2004, le jour où son amie d’enfance a été assassinée sur un parking par son ex-compagnon. Engagée dans des actions associatives, Anne Christelle Richauvet a fait part de toute son estime pour Thérèse Baillif, finissant son discours de remerciement très émue, sous un tonnerre d’applaudissements, après avoir souligné la « résilience des hommes qui refusent de reproduire les violences qu’ils ont subies lors de leur enfance ».

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