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Le préfet: "Sur la réserve marine, il n'y aura pas de tabou"

L'Etat va-t-il réviser les contours de la réserve marine au regard de la dernière attaque de requin ? Les associations OPR, PRR, la Ligue de Surf ainsi que la mère de Mathieu Schiller reçus hier soir en préfecture veulent enfin y croire.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 18 juillet 2013 à 00H36

Interrogé au sortir de cette énième réunion de crise en haut-lieu, le président de Prévention Requin Réunion, Loris Gasbarre, parle d'une réunion qui "s'est bien passée", ainsi que d'un préfet "très réceptif".

Sur le fond des dossiers, nul doute que les associations et la Ligue de Surf interpréteront comme un signe d'espoir une affirmation qu'ils tiennent du préfet Jean-Luc Marx. "Sur la réserve marine, il n'y aura pas de tabou", a-t-il affirmé, ce qui pourrait constituer, après deux ans d'une proposition non négociable avec l'Etat, les prémices d'une brèche sur le sujet. A confirmer.

Des éclaircissements ont été énoncés de vive voix par le représentant de l'Etat. Il s'agit notamment des prélèvements de requins destinés à l'analyse du risque ciguatérique. Le préfet a confirmé que le quota initialement évoqué en août 2012 devait être revu à la hausse pour que la caractérisation de toxicité de la chair de requin soit beaucoup plus fiable.

Si le nouveau quota de requins tués n'a pas été livré hier soir, toutes les expériences menées ailleurs tendent à valider la limite de 45 spécimens analysés comme un seuil minimal. 23 ont, à ce jour, été pêchés selon le dernier relevé préfectoral du 15 juillet.

Une protection à plusieurs niveaux

Le deuxième projet qui semble avancer à grands pas est celui de "Cap Requin", initié par PRR en collaboration avec le comité régional des pêches. Il prévoit la disposition de drumlines, en guise de pêche de régulation, tout d'abord installés en baie de Saint-Paul pour 6 mois. Cette phase expérimentale devrait par la suite être étendue sur la côte Ouest et en fonction des communes littorales intéressées. "Ce projet est quasiment acté pour ce qui concerne Saint-Paul", fait remarquer Loris Gasbarre.

Concernant cette fois la pérennisation des vigies pour les sessions de surf, le préfet a informé ses invités de la validation du concept par l'Institut de recherche pour le développement. Assurément un bon point lorsqu'il s'agira de renouveler les contrats aidés de ces vigies.

Le vrai motif d'espoir réside donc dans la perspective d'une révision du sanctuaire récifal. "Son réaménagement passe par la réintroduction de l'homme dans plusieurs colonnes d'eau", a défendu le président de Prévention requin. Les membres d'associations ont décortiqué leur volonté de sécuriser les spots les plus exposés selon une configuration qui verrait les vigies en premier rideau préventif, suivis de drumlines plus proches de la côte que les palangres situées, elles, plus au large.

Un dispositif qui ne serait pas optimal selon les associations sans la réintroduction de la "chasse sous-marine", toujours en amont des spots, vu du large. L'utilisation des fusils de chasse sous-marine ne sera pas facile à faire accepter si l'on se remémore l'inflexibilité de la préfecture et du GIP Réserve marine lorsqu'il a fallu autoriser les vigies à disposer d'un moyen de défense dans l'eau.

Les quatre zones concernées - avant que le dispositif ne soit éventuellement étendu - concernerait évidemment "Boucan, Roches Noires, les Brisants et Trois-Bassins" selon Loris Gasbarre.

 

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