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[Le podcast de Pierrot] Les malokis sont encore sous le choc

Pierrot Dupuy consacre son podcast du jour aux tensions géopolitiques autour de la Russie.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le lundi 12 août 2024 à 19H29

 

 

L’actualité est encore calme en ce lundi de lendemain de cérémonie de clôture. Les Français sont encore en sevrage des Jeux olympiques et les responsables de La France Insoumise n’ont pas encore réussi à briser la bonne humeur qui a prévalu pendant 15 jours. Mais on peut leur faire confiance, d'ici à quelques jours, ils occuperont à nouveau les écrans télé pour nous expliquer que tout va mal et que Lucie Castets doit être nommée Première ministre dans les cinq minutes qui suivent. Sinon, on va voir ce qu’on va voir !

Profitons donc encore des quelques minutes de répit qu’ils nous accordent pour rigoler un bon coup en revisionnant quelques déclarations.

Il y a d’abord eu Alain Bauer, expert en maintien de l’ordre et et dans la lutte contre le terrorisme qui avait déclaré à la télé le 31 mai 2022 : "La cérémonie d’ouverture des JO est une folie criminelle". Dans la même veine, Eric Ciotti avait dit le 9 avril dernier : "J’ai l’impression que c’est un peu le souhait narcissique du président de la République. Est-ce que cela en vaut la peine ? Je n’en suis pas sûr". Jean-Luc Mélenchon maintenant sur France Inter le 1er avril 2017 : "On part de l’idée que tout le monde pétarade d’allégresse à l’idée d’avoir ces Jeux, et bien moi je n’en suis pas sûr du tout". Dans le même registre, Marine Le Pen, le 4 juillet 2023 : "Un désastre sécuritaire pour les JO de 2024 et avec lui une nouvelle humiliation nationale". Et enfin, mais je vous l’avais déjà cité dans mon dernier podcast, Laurent Jacobelli, député et porte-parole du RN le 22 juillet dernier : "Moi ce qui m’inquiète, c’est qu’on va avoir des Jeux olympiques sans public. On va avoir des Jeux olympiques hors-sol".

La palme revenant sans doute à Arnaud Saint-Martin, député LFI, qui a affirmé sur X que « l'heure est à la régression nationaliste ». Selon lui, dans des propos reproduits par Le Point, la couverture par France Télévisions aurait été « trop chauvine, car centrée uniquement sur les performances des sportifs français, alors que les Jeux devraient, estimait-il, prôner la solidarité entre États et un idéal internationaliste ». Pour l'élu Insoumis, « peu importe la nationalité des athlètes, seule devrait compter la performance ». Ainsi, « les JO mettraient les nations en compétition, plutôt que les athlètes, et viendraient à l'encontre de l'idéal d'une paix universelle »… Comme dirait Laurent Jacobelli, on atteint des sommets dans le hors-sol !

Et je vous passe tous les autres seconds couteaux, encore plus virulents dans leurs attaques.

Ceux qui sont hors-sol, ce sont tous ces pisse-vinaigres. Des « malokis », comme on dit chez nous. Suis ravi qu’ils n’aient pas réussi à nous gâcher la fête. Et le pire, c’est qu’ils n’ont même pas honte et qu’ils continueront demain à nous bassiner leurs mêmes âneries, avec le même air suffisant. Tant qu’ils auront d’autres ânes pour les écouter, il n’y a aucune raison qu’ils s’arrêtent. Pendant ce temps, tous les athlètes, tous les touristes et tous les médias du monde entier ont vanté les Jeux olympiques les plus réussis de l'histoire et s'accordent à louer la gentillesse des Français, la beauté de Paris et l'esprit de fraternité qu

En attendant que l’actualité nationale nous rattrape avec notamment la suite du feuilleton du nouveau Premier ministre, prenons un peu de hauteur et regardons ce qui se passe du côté de l’Ukraine. Vous avez bien compris j’espère, que c’était un sujet qui m’intéresse particulièrement.

Depuis le 24 février 2022, date de l’entrée des chars russes en Ukraine et du début de l’invasion, les forces armées ukrainiennes étaient sur la défensive. Elles ne faisaient que réagir aux attaques russes, fort bien au demeurant pour un pays 28 fois plus petit en taille que son agresseur. Depuis une semaine presque, les choses ont radicalement changé. Si les Russes gardent l’initiative sur une bonne partie du front, ils se sont fait totalement surprendre par une attaque surprise des forces armées ukrainiennes sur la région de Kursk.

Du coup, Vladimir Poutine n'arrive pas à repousser la menace et se trouve confronté à un cruel dilemme : doit-il laisser les Ukrainiens s’enfoncer en territoire russe comme dans du beurre ou doit-il dégarnir les autres front de leurs meilleures troupes, au risque de permettre à l’Ukraine de reprendre le dessus là-bas ?

Vladimir Poutine a été pris par surprise car il pensait que ses histoires de « lignes rouges », associées à ses menaces de guerre nucléaire, allaient suffire à dissuader les Ukrainiens de franchir la frontière et de s’attaquer au territoire russe. Du coup, il n’avait laissé que quelques parachutistes, des combattants tchétchènes de Kadirov et beaucoup de conscrits défendre les postes frontières. Les conscrits étant de jeunes Russes faisant leur service militaire. Pas des combattants. Les spetsnaz ont rapidement été débordés, les Tchétchènes se sont enfuis et les conscrits se sont rendus par centaines.

Ce qui, à terme, pourrait d’ailleurs poser un problème car dans la société russe, il existait un accord tacite entre la population et Vladimir Poutine. On accepte de supporter la misère et l’oppression, mais en échange, vous nous garantissez la sécurité. Mais surtout, vous n’envoyez pas nos enfants à la guerre. Vous utilisez des soldats professionnels pour ça. Les conscrits étaient supposés ne jamais être envoyés sur le front et ne jamais avoir à se battre, suite à l’action menée par les mères de famille à l’occasion de la guerre soviéto-afghane qui avait duré 10 ans et qui s’était achevée en 1989 et qui avait coûté la vie à des milliers de jeunes hommes soviétiques. Le rôle de ces mères a été crucial pour sensibiliser l'opinion publique et pour influencer, indirectement, la décision de l'Union soviétique de se retirer de l'Afghanistan en 1989.

Il sera intéressant de voir comment elles vont réagir cette fois.

Pour le moment, les critiques sont faibles. Vladimir Poutine est à la recherche de fusibles. Il a retiré la gestion de la contre-offensive à Koursk au chef d’état-major Valeri Guerassimov et l’a confiée au patron du FSB, les services de renseignement dont il est lui-même issu.

Mine de rien, ce changement est très important. Il est le signe que Vladimir Poutine ne fait plus confiance à son armée pour gérer une opération de guerre. Il fait suite au limogeage d’une pléthore de généraux, dont la plupart ont été traduits devant des tribunaux pour corruption. Déjà il y a quelques semaines, il avait remplacé son ministre de la Défense Sergueï Choïgou par un technocrate. Or l’armée était jusqu’à maintenant un des principaux soutiens de Vladimir Poutine. Il sera intéressant là aussi de voir comment les autres généraux vont réagir à ces changements, eux qui arrondissent tous leurs fins de mois grâce à la corruption que leur assurent leurs postes.

D’autant que l’armée ukrainienne ouvre de nouvelles offensives dans la région voisine de celle de Koursk, celle de Belgorod. La frontière entre la Russie et l’Ukraine est longue de 2.295 km. J’ai l’impression qu’un vrai jeu du chat et de la souris commence.

Je conclurai par cette blague postée par un Russe d’une des villes capturées par les Ukrainiens sur les réseaux sociaux : « Des gens en uniforme sont entrés de force dans ma maison, ont pris tous les objets de valeur et l’électronique, ils ont violé ma femme et mon chien, m’ont également violé, pris mes toilettes puis ont déclaré : nous devons partir, les ukrainiens arrivent ». Un clin d’œil à la différence de comportement entre la façon dont les forces russes se comportent lorsqu’elles attaquent une ville ou un village ukrainien, où elles violent, volent et assassinent. Et celle des Ukrainiens qui respectent les lois de la guerre.

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