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[Le podcast de Pierrot] Ils avaient le choix entre la guerre et le déshonneur. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre

L’Histoire est régulièrement marquée par quelques moments-clés, des périodes où les événements donnent l’impression de s’emballer et où le citoyen est saisi d’un incommensurable vertige devant une situation qu’il ne contrôle plus. Ces événements peuvent parfois se produire au niveau de votre pays, ce qui est déjà inquiétant. Mais ça devient réellement affolant quand le monde entier semble devenir fou.

Ecrit par Pierrot Dupuy – le vendredi 28 juin 2024 à 18H47

 

Cette nuit s’est déroulé le débat entre Joe Biden et Donald Trump dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles qui doivent se dérouler en novembre prochain aux Etats-Unis.

Parfois, un dessin parle plus qu’un long article. J’ai beaucoup aimé celui de Chaunu dans Ouest France : On y voit les deux candidats derrière leur pupitre. Joe Biden demande à Donald Trump : « Ils t’ont laissé sortir du pénitencier ? » Réponse du candidat républicain : « Et toi de l’EHPAD ? »

Pour ceux qui ont regardé le débat ou qui en ont vu des extraits, on a eu droit d’un côté à un président dépassé, butant sur les mots, souvent absent, sans réactions aux attaques de son adversaire, incapable de suivre le fil de sa pensée.

En face, Donald Trump a enchainé les mensonges (CNN, qui diffusait le débat en a relevé une trentaine dans son analyse d’après-émission), mais surtout qui a une nouvelle fois affirmé qu’il ne reconnaitrait le résultat des élections à venir que si elles étaient « justes et transparentes« . Il avait déjà dit ça en novembre 2020. On connait la suite.

Pour résumer, on avait donc d’un côté un vieillard sénile dont même les soutiens les plus affirmés osent aujourd’hui demander publiquement le retrait pendant qu’il en est encore temps, et de l’autre un menteur patenté, sous-marin de Poutine, harceleur de femmes, anti-avortements et surtout, le plus grave, susceptible d’organiser un coup d’état si d’aventure il perdait les élections. La première tentative a échoué, mais cette fois-ci il a eu le temps de préparer le prochain. Dans l’esprit de Trump, il se doit de gagner toute élection à laquelle il se présente. Et s’il perd, c’est qu’elle a été truquée ! Elle n’est pas simple la vie ?

Je vous rappelle que nous sommes en train de parler de la plus grande démocratie du monde, un pays censé jouer le rôle de gendarme de la planète, celui qui est venu nous sauver pendant la Deuxième Guerre Mondiale et dont nous attendons qu’il vienne une nouvelle fois à notre secours si les choses tournaient à la catastrophe en Europe.

J’entends déjà certains d’entre vous se dire : « Mais pourquoi il dit ça ? » Je ne suis pas du genre catastrophiste. Je serais même ce que l’on peut communément appeler un éternel optimiste. Mais être optimiste ne signifie pas pour autant se boucher les yeux et les oreilles et faire semblant de ne pas voir que le monde est en train de partir en quenouille (vous noterez que j’ai fait l’effort de rester poli) autour de nous.

Dimanche, nous aurons à voter. Il s’agit d’un choix capital pour notre pays. Nous avons le choix entre quoi ?

Les deux coalitions que tous les sondages disent qu’ils arriveront en tête au premier tour sont le Rassemblement national, agrémenté des voix des Républicains restés fidèles à Éric Ciotti, et le Nouveau Front Populaire regroupant la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste, les Verts et le groupuscule d’extrême gauche de la NPA.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de leurs programmes économiques. En deux mots, la France risquerait de connaître sa pire catastrophe si, pour une fois, ils se décidaient à appliquer l’intégralité de leurs programmes. La bourse, qui est le reflet de ce que pensent les économistes, s’est effondrée au lendemain de la dissolution, avant de remonter légèrement, rassurée au vu des sondages par le fait que le Front populaire et Jean-Luc Mélenchon ne risquent pas d’arriver au pouvoir. Et de voir le Rassemblement national abandonner des pans entiers de ses mesures les plus extrêmes et les plus coûteuses. Le risque ne sera donc probablement pas financier ni économique.

Non, le risque sera ailleurs. Je ne sais si vous avez regardé le débat hier soir sur France 2. J’ai beaucoup aimé quand Gabriel Attal a interpellé le candidat du RN : « Jordan, votre parti compte une centaine de candidats, soit un sur cinq, qui ont tenu des propos antisémites dans le passé. Comment pouvez-vous prétendre gouverner la France avec de tels éléments en votre sein ? » Il a ensuite donné des exemples précis de plusieurs de ces propos publiés sur les réseaux sociaux ou dans des interviews passées. Face au flot d’exemples, Jordan Bardella ne pouvait qu’ânonner : « Non ce n’est pas vrai, non ce n’est pas vrai« . Sauf que c’était malheureusement bien vrai.

Un candidat sur cinq, vous vous rendez compte ? Dans le même temps, les actes racistes et antisémites se multiplient sur le territoire, comme si la probable victoire du RN libérait les langues et les cœurs.

En face, ce n’est guère mieux. On retrouve la même haine des Juifs et d’Israël, comme si tous les Israéliens étaient responsables des folies d’un Benjamin Netanyahu. C’est comme si demain, on tenait tous les Français responsables des opinions d’un Jean-Luc Mélenchon. C’est du même tonneau. Et en faisant mine d’oublier que tout est parti d’un massacre de Juifs perpétré par le Hamas.

Si en France, ça va mal, il nous reste l’Europe me direz-vous. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Partout, on assiste à la même montée de l’extrême droite, à croire que le monde est en train de devenir fou en même temps.

Souvent je me suis demandé : « Comment Hitler a-t-il pu accéder au pouvoir par la voie démocratique en Allemagne en 1933 ? » On dit que l’Histoire ne se répète pas. J’ai malheureusement le sentiment qu’elle est en train de bégayer.

Et si d’aventure Vladimir Poutine, le Hitler du 21ème siècle, réussissait à avaler l’Ukraine parce qu’un Donald Trump ou une Marine Le Pen auraient entre-temps suspendu ou diminué fortement leur soutien militaire, tous les experts disent qu’il n’en restera pas là. Il ambitionne de reconstituer la Grande Russie et ses prochaines cibles seront donc les Pays baltes, la Pologne, etc… Des pays membres de l’OTAN que nous serions obligés de défendre. Ce sera donc la guerre, celle-là même qu’on avait espéré éviter en votant RN Et Nouveau Front Populaire. Sauf qu’il n’y aura plus les USA pour voler à notre secours, si le pays de l’Oncle Sam a entre-temps mis à sa tête le pro-Poutine Donald Trump…

C’est Winston Churchill qui avait déclaré en 1938 au lendemain des accords de Munich qui avaient vu le Premier ministre britannique Chamberlain céder la région des Sudètes à Adolf Hitler, pensant le calmer et qu’il en resterait là : « Ils avaient le choix entre la guerre et le déshonneur. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre« .

Vous comprenez pourquoi je vous dis que ce vote sera crucial? Pourquoi je suis pris de vertige ?

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