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Le parcoshow ou le simulacre de démocratie au Parc national de La Réunion

Ecrit par zinfos974 – le mardi 27 mars 2012 à 15H42

Le 22 mars, avant la réunion du conseil d'administration (CA) du parc après avoir dégusté des bonbons cravates en compagnie des gens du collectif, généreusement apportés par notre Rocky national, M. le président du parc nous fit la leçon, comme si faire la morale rendait vertueux, en nous expliquant que nous ne devions pas nous inquiéter, ou encore que le conseil d’administration du parc travaillait bien évidemment dans l’intérêt des réunionnais.

Devant l’attente des manifestants qu’une délégation soit reçue, après plusieurs hésitations et un grand moment de panique, M. le président du parc, grand seigneur, nous indiqua que nous serions reçus sur rendez-vous si nous faisions la démarche d'envoyer un courrier. "Qui provoque qui ?" est sans doute la première question qu'il faudrait se poser. S’en est alors suivi une certaine émotion chez les quelques 80 personnes venues de toute l'ile soutenir la cause, provoquant cet accident fort regrettable. Un blessé de part et d’autre. Et, selon les médias, une plainte du parc national contre les manifestants, montrant ainsi leur préférence pour que le débat public que nous réclamons tant se place sur le plan de la judiciarisation.
C'est nous qui jouons sur la peur ?

Face à une situation au point mort et à une langue de bois où certains sont passés Maitre, la médiation sous l’égide du Secrétaire général de la Préfecture fut la bienvenue, allant même jusqu’à nous indiquer : "l’État zoreil ne mettra pas dehors des Réunionnais". Fort de cet engagement, le nouveau commissaire à l’aménagement des Hauts prit contact avec nous dés le lundi 26 mars au matin pour nous informer de la démarche qui serait mise en place et surtout, mais sans le dire, tenter de calmer le jeu dans la perspective du nouveau conseil d'administration du parc convoqué depuis le vendredi 23 mars pour le lundi suivant. Que nous a-t-il simplement demandé si nous devions nous y rendre ?

Nous aurions alors pu lui répondre tout aussi simplement, que pour ce conseil ci du 26 mars, dont nous étions informés de la tenue tout autant que lui, il nous apparaissait important de laisser (enfin!), l’intérêt supérieur du parc prévaloir sur nos petits intérêts particuliers. Il fallait permettre au CA notamment de voter dans le calme et en toute discrétion son budget modificatif, afin, comme l'avait indiqué le 22 mars le président du parc, de payer ses salariés. Déjà accusés par la direction du parc d'être des personnes violentes, insultantes, "molestantes" et politiquement récupérées, nous ne souhaitions pas en plus, ajouter à notre barque déjà bien chargée, le qualificatif de sans coeur. En ces temps de crise où les gens vivent dans la peur du lendemain, la perspective de ne plus avoir de revenu du tout à la fin du mois pour subvenir aux besoins de la famille, nous semble à nous aussi, quelque chose d'inacceptable, comme pour les agents du parc.

Mais il nous faut encore préciser dés à présent, que si l'éleveur et les commerces ambulants ont accepté avec l'appui du collectif une énième démarche de concertation, afin que les activités, les traditions et la culture soient enfin prises en considération dans leur parc, ses membres entendent toujours rester éleveur, commerçant ambulant, simple usagers et non pas se transformer en bureaucrate. Aussi c’est délibérément que nous ne sommes pas allés devant ce grand hôtel dionysien sur le Barachois où le parc a maintenant pris ses quartiers.

Nous nous interrogeons cependant sur la manière de faire, une fois de plus, en catimini, comme si l’administration du parc avait des choses à cacher à La Réunion et à sa population pour les intérêts de laquelle le parc travaille très dur bien entendu. Des délais de convocation plus forts que le conseil de sécurité de l’ONU, le vendredi pour le lundi. Quelle était donc l'urgence justifiant d'un délai aussi court ? Des administrateurs du coup ne dépassant pas la vingtaine sur 88 membres pour que les débats au sein de cette instance s'engagent bien évidemment le plus largement possible. Nous posons la question de la démocratie au sein du parc et notamment la qualité de la gouvernance maintes fois dénoncée par le passé par les administrateurs eux-mêmes, qui au passage n'ont jamais été destinataires des conclusions des audits réalisés en 2009 par le ministère de l'écologie et de la Cour des comptes sur le parc national. Après cinq ans de problèmes régulièrement constatés dans la gestion du parc, ou dans son fonctionnement interne, la présidence et la direction ne semblent toujours pas disposées à remettre en question leur approche de la protection de l'environnement. Cette seconde réunion du CA, où il n'y a plus de quorum obligatoire pour valablement délibérer, si rapidement convoquée pour ne pas permettre aux administrateurs de se rendre disponible, démontre s'il en était encore besoin que la législation sur les parcs nationaux permet à une direction sans légitimité démocratique, à qui beaucoup de pouvoirs ont été donnés sur les
populations locales, de contourner toute discussion et de décider en petit nombre, en excluant aussi les collectivités locales. Tout cela est bien loin du parc national que nous espérions. Nous demandons à M. Le Commissaire du gouvernement prés de l'établissement
de faire toute la lumière sur de telles méthodes.

Le C.mac

 

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