Le mystère de la pollution de l'air à St-Pierre bientôt résolu ?

Les scientifiques veulent comprendre. Comment peut-on expliquer que la station Saint-Pierroise des "Bons enfants" affiche des dépassements des limites réglementaires pour les particules fines dites "PM 10" ? Ces particules, inférieures à 10 micromètres, sont invisibles à l'œil nu. Sur 14 stations installées à la Réunion, c'est la seule qui présente des taux anormalement élevées de PM10.
Globalement, sur la station des Bons enfants, située rue François Isautier, dans le centre-ville de Saint-Pierre, les taux "normaux" et réglementaires ont été dépassés 93 jours en 2010 et la moyenne annuelle civile s’est élevée à 46 microgrammes/m3 contre 40 microgrammes /m3 réglementaire.
La thèse des embruns marins
Une première tentative d'explication avait consisté à soupçonner les embruns de mer qui peuvent contenir de fines particules de sels marins. Pour vérifier cette piste, le dossier avait été transmis à un laboratoire spécialisé, le LCSQA (Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air) ; C'est cet organe qui est chargé de l'expertise de l'air pour l'INERIS (Institut national de l’Environnement Industriel et des Risques). Le laboratoire utilise un logiciel qui permet l'étude et la modélisation théorique des embruns marins.
Les premières conclusions n'ont pas permis de comprendre d'où proviennent les dépassements en PM10. Le modèle exploité par le laboratoire aboutit à des concentrations en sels marins de 4 à 10 microg/m3 et ces niveaux ne sont pas suffisants pour expliquer les taux excessifs enregistrés à Saint-Pierre.
Analyses chimiques
Le mystère demeure mais les scientifiques vont continuer leurs recherches. D'après Bertrand Galtier, le directeur de la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), plusieurs pistes sont suivies. Déjà, l'explication des embruns marins ne semble pas complètement abandonner car le laboratoire va affiner les paramètres de son logiciel. D'autre part, des analyses chimiques vont être effectuées pour connaître la véritable nature de ces particules ; Il s'agit de savoir si elles ont une origine naturelle ou si elles sont dues à une pollution humaine.
Définir un protocole scientifique
Pour l'heure, les recherches consistent à définir un protocole scientifique qui permettra à l'ORA (Observatoire Réunionnais de l’Air) d'effectuer des analyses suivant une méthodologie rigoureuse et adaptée à la spécificité de l'étude. Tant que nous ne saurons pas précisément ce qui explique ces taux anormalement élevés, il ne sera pas possible d'en tirer des conclusions sur une éventuelle dangerosité pour la santé. Ce qui est certain néanmoins, c'est qu'il ne s'agit pas de dioxyde d'azote ou de dioxyde de souffre puisque, selon le communiqué de le DEAL, aucune trace de ces polluants n'a été détecté.
Quoi qu'il en soit, ces micro-particules inquiètent car leur augmentation dans l'air peut être un facteur de risques sanitaires, notamment de maladies cardiovasculaires et plus généralement d'une diminution de l'espérance de vie.



