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Le message du parquet de Saint-Pierre aux trafiquants : "Nous ne vous lâcherons pas, nous vous traquerons"

Ecrit par P.B. – le mardi 10 février 2026 à 08H33

Lors de l’audience solennelle de rentrée 2026 du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, la question du narcotrafic a occupé une place centrale. Le procureur Olivier Clemençon a affiché sa détermination dans un contexte d’activité judiciaire soutenue et malgré des effectifs encore contraints au sein de la juridiction.

L’audience solennelle de rentrée 2026 du tribunal judiciaire de Saint-Pierre a été marquée par un message clair du parquet : intensifier la lutte contre les stupéfiants. Si le procureur de la République de Saint-Pierre, Olivier Clemençon, a commencé son intervention « plutôt heureux » de pouvoir compter sur un parquet désormais au complet après une année 2025 durant laquelle certaines audiences avaient dû être gelées, son ton s’est durci en abordant ces priorités pour l’année.

Entre 2024 et 2025, les faits constatés par la police ont progressé de 73 % et de 142 % pour la gendarmerie. Le taux d’élucidation pour la grande criminalité atteint 81,8 %, affiche son bilan le parquet.

« lutte contre le narcotrafic comme priorité des priorités »,

La politique pénale revendique également davantage de fermeté, à l’image des peines d’emprisonnement ferme supérieures à un an qui ont augmenté de 73,2 % en un an. Le procureur évoque « une lutte totale » contre le trafic de stupéfiants et rappelle que « 2025 a été une année de réorganisation pour nous mettre en ordre de marche ».

Le magistrat insiste sur l’ampleur du phénomène, évoquant « les réseaux tentaculaires qui envahissent et sont difficiles à appréhender ». Dans ce contexte de « lutte contre le narcotrafic comme priorité des priorités », il prévient également les consommateurs et revendeurs. « L’argent de la drogue doit être saisi ». Voitures, télévision, téléphone, console de jeu… « Que vous revendiez à grande ou petite échelle, le tribunal traque et saisit ». Enfin, il adresse un message direct aux trafiquants : « Nous ne vous lâcherons pas, nous vous traquerons ».

La lutte contre les stupéfiants devrait donc continuer à s’appuyer sur une organisation spécialisée. Le substitut du procureur Anthony Chaussy est chargé de ce contentieux, tandis que le procureur Olivier Clemençon est annoncé en passe d’être nommé adjoint au chef de l’Ofast dans les prochaines semaines, selon les informations du Quotidien.

Des effectifs judiciaires encore sous tension

Cette mobilisation se déroule toutefois dans un contexte de moyens humains qui restent limités sur la juridiction. Le président du tribunal judiciaire, Bertrand Pagès, rappelle que l’affluence lors de l’audience peut prêter à confusion : « la salle comble pourrait faire penser à pléthore d’effectifs, mais ce n’est pas le cas ». Deux postes permanents restent vacants.

Il souligne le décalage entre annonces nationales et réalité locale : « Ils sont loin, les caramels, bonbons et chocolats », évoquant des promesses d’effectifs qui ne se sont pas concrétisées.

La situation devrait rester inchangée jusqu’à au moins cet hiver austral, en espérant de nouveaux renforts. « Ce sont donc ces prochains mois qui vont être difficiles. On va devoir faire des choix avec la coordinatrice des services, c’est-à-dire mettre moins de dossiers par audience, parce que les juges ne sont plus en mesure de juger autant », veut rester optimiste le président du tribunal judiciaire de Saint-Pierre.

250 professionnels travaillent au tribunal judiciaire de Saint-Pierre, qui accueille en moyenne 150 justiciables par jour, ayant la possibilité d’être accompagnés par 127 avocats inscrits au barreau. La juridiction projette d’ailleurs, pour l’année à venir, d’améliorer les conditions d’accueil et d’orientation du public.

« On essaie de s’adapter aux effectifs dont on dispose, aux moyens, dans l’intérêt du justiciable et du service public de la justice. Notre but, c’est de traiter tous les contentieux dans les meilleurs délais possibles, sans que ça crée en même temps des tensions et des souffrances au travail », souligne Bertrand Pagès.

Etiquettes : Drogues | Saint-Pierre | Tribunal

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