Le message de Frère Denis
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Jacqueline Farreyrol, dans son dernier courrier des lecteurs, a exprimé des idées fortes et justes dénonçant le fascisme "kiltirel" de certains universitaires idéologisés à l’encontre de la source Créole. Dans ce même élan, Joël Manglou a cité des auteurs compositeurs de talent qui ont écrit en créole authentique.
Il faut, en effet, que le grand public sache que le KWZ tangöl est une expression à l’écrit génétiquement modifié. Ce n’est donc pas du Créole. Bien des auteurs ont écrit dans un Créole classique, compréhensible et naturel: Gilbert Aubry, Jean Lougnon, Claude Mignard Moy de la croix, Albert Elie, Isabelle Hoarau, Joëlle Ecormier, Marie Renette Tacite Agénor, Claude Vinh San, Jacqueline Gaudens, Georges Fourcade, Guy Douyère, Henry Murat et bien d’autres.
Pourquoi les phonologistes veulent-ils rendre l’éducation nationale complice du délit d’occultation en rayant ces auteurs sus nommés de leurs références ? (tout cela n’est-il pas un peu bête et méchant ?) Mais La Réunion a aussi donné un nombre impressionnant d’auteurs qui ont écrit dans un bon français, pourquoi les mépriser ?
Parce que le soit disant "Lofis" dirigé par Axel Gauvin, est profondément sectaire et toujours marqué par le syndrome psychologique du "tuer le Père". Ce doit être pour cela qu’ils ont voulu imposer une graphie laide qui n’est qu’un deni de sens, en voulant déchirer le créole de sa source mère, le français langue universelle et de la République.
Dans nos recherches ? Pour combattre cet obscurantisme ambiant, nous avons retrouvé un joli texte de circonstance du Frère Denis, (avis aux politiques, il ne s’appelle pas "Dni") démontrant que la langue créole peut s’écrire avec bonheur.
Voici donc, pour les lecteurs passés aux couleurs douces et gaies du langage créole, une fable de La Fontaine qui a un tout autre goût…
Le lièvre et la tortue
"La pas la peine courir
Si quand l’est pou partir
Vi tourne, vi vire vire
Pendant sais pas combien temps.
Sa y fais pense à moins
Le lièvre et la tortue.
Comme un homme vié lendormi,
Comme un homme malfoutu,
Tortue y cachait son jeu.
Lièvre au contraire
Y faisait son vantard.
Quand l’arrive l’hér pou donne départ,
Tortue la donne la jambe,
La pas regarde derrière,
Tandis que le lièvre
Y dressait son moustache
Y regardait en l’air.
Li virait, li tournait,
Comme un marmaille l’école
Qua la tête l’est un peu folle.
Tortue de son côté
Les quat’ pattes bien cartées
L’était qui donne paquet.
Quand lièv la calculé
Et que li la tourne la tête,
Li lavait beau foncer
Tortue l’était déjà
Su la ligne d’arrivée.
Tout l’monde l’a rigolé,
Tortue la fait la fête,
Compère lièvre
La gagne la fièvre.
Sa qui fait le malin,
Souvent l’est plus bête."
Frère Didier, Bouquet Champêtre.
Christian Vittori
09 novembre 2010


