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Le désintéressement au service des démunis : Hommage à Bruny

Ecrit par zinfos974 – le mardi 15 septembre 2020 à 12H37

Au travers des différents hommages et informations le concernant, on a tout appris ou presque concernant cet homme admirable qu’était Bruny Payet.

Il s’en va à 98 ans (solide, le bonhomme !) après s’être totalement dévoué à la cause des laissés-pour-compte de toutes couches sociales. Ce que je veux souligner ici, c’est le fait que cet homme, co-fondateur et militant actif du PCR, ex-secrétaire général de la CGTR, était tout sauf un sectaire, encore moins un sectateur zélé. Ce que je veux dire, c’est que ses nombreux amis étaient de tous les partis, droite ou gauche, peu importe.

Il n’a jamais oublié, par exemple, que la possibilité qui lui fut accordée d’aller en études secondaires au vieux lycée Leconte-de-Liste, il la doit à un mécène de droite, Léonus Bénard. A cette époque, la seule possibilité ou presque qu’un enfant de pauvres aille au-delà du Certificat était quasi inexistante. Léonus se tenait très au fait des conditions de vie des colons travaillant sur ses terres. Et s’inquiétait surtout des avancées scolaires de leurs enfants. Dès qu’il percevait chez l’un d’eux les facultés voulues pour les études, il payait leurs frais de scolarité. Et ça, Bruny ne l’a jamais oublié : malgré leur opposition politique, lui et ma famille sont restés amis. C’est lui-même qui me l’a appris.

Exception faite du docteur Raymond Vergès, qui l’a pris en qualité de DGS à Saint-André, Bruny n’a jamais plus retrouvé de travail à la hauteur de ses capacités et de ses diplômes. Non pas parce qu’il était « trop diplômé » comme certain maire a pu le dire, mais parce qu’il était communiste dans un pays tenu d’une main de fer par la droite.

Alors Bruny s’est retourné vers l’action syndicale avec une énergie qui, aujourd’hui encore, laisse pantois. Car cet homme tout d’une pièce avait choisi de se mettre au service des plus défavorisés sans jamais chercher à en tirer parti. Il n’a jamais dévié d’un pouce de ce qu’il considérait comme étant son devoir… comme un certain Général qu’il avait rejoint d’emblée lors de la seconde Guerre.

Je vais sans doute déplaire aux coureurs de dot… Bruny et son ami Georges-Marie sont les seuls à ne pas être sortis fortunés de leur grande aventure syndicale. Ce n’est qu’après sa retraite, grâce à l’aide d’amis sincères, que Bruny a pu acquérir une modeste maison… dans un lotissement très social.

Devant une telle abnégation, un tel dévouement, une si grande richesse d’âme, on ne peut que s’incliner.

Salut l’ami !

 

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