Le Champlain prévu en arrêt technique sur le dock flottant Titan

Après un test grandeur nature de mise à sec d’un navire de la Sapmer, le dock flottant du Grand port maritime s’apprête à accueillir son premier arrêt technique, qui sera opéré par la société Piriou Réunion sur un bâtiment de la Marine nationale, le Champlain.
Avec ses 65 mètres de long et ses 4,50 mètres de tirant d‘eau, ce n’est certes pas le plus gros des navires militaires de la base navale du Port. Mais le Champlain, bâtiment de soutien et d‘assistance outre-mer (BSAOM) de la Marine nationale, constitue bien un maillon essentiel de la logistique navale française dans le sud-ouest de l’océan Indien.
En avril prochain, le Champlain sera le premier navire à effectuer un arrêt technique sur le dock flottant acheté à prix d’or par le Grand port maritime de La Réunion, l’établissement public d’État en charge de la gestion des affaires portuaires. Dénommé Titan, le dock flottant mesure 120 mètres de long et permet de mettre à sec des navires pour y effectuer des réparations.
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Un outil stratégique pour le rayonnement de la France : en dehors des autres bâtiments militaires, comme le patrouilleur polaire Astrolabe, qui devraient pouvoir désormais faire leur arrêt technique à La Réunion, juste à côté de leur port d‘attache, les palangriers qui remplissent leurs cales de poissons et langoustes des TAAF pourront eux aussi bénéficier de l’équipement. Ce n’est donc pas un hasard si le premier test grandeur nature de mise à sec sur le dock flottant s’est déroulé courant février avec l’Albius, un navire de pêche de la Sapmer.
Piriou Réunion seul exploitant
Le fait que ce soit la société Piriou Réunion qui ait été retenue pour opérer l’arrêt technique du Champlain ne doit pas non plus grand-chose au hasard. Le navire de ravitaillement et de surveillance a été construit sur les chantiers navals de Piriou France à Concarneau (Bretagne), à l’image de certains palangriers évoluant dans la zone, et l’entreprise est par ailleurs impliquée dans l’achat du dock Titan dans des conditions qui ont fait tiquer la chambre régionale des comptes.
C’est officiellement pour ne pas placer Piriou Réunion en situation de monopole que le Grand port maritime a repris la main sur la gestion du dock flottant, dont elle va louer le temps d’utilisation par les opérateurs chargés d’effectuer les réparations. Pour l’heure, Piriou Réunion serait le seul à s’être manifesté pour exploiter le dock flottant. Le 25 février, le conseil de développement du Grand Port maritime a manifesté sa volonté de communiquer auprès des opérateurs et des clients pour faire grossir l’activité, tout en étant conscient qu’il sera difficile de trouver un concurrent au spécialiste de la construction navale breton.
Une quinzaine d’agents du Grand port maritime a été formée aux manœuvres de mise à sec puis de remise à l’eau des navires. Le dock flottant Titan sera dans les prochains jours déplacé et fixé définitivement sur des vérins, en face du quai numéro 9.




