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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Femmes gagnantes"

Ecrit par zinfos974 – le lundi 2 août 2021 à 11H03

Oublions quelques minutes les indicateurs de l’A.R.S. concernant la propagation du variant Delta, la saturation des services de réanimation, le taux de positivité, les 10 km autorisés par la préfecture, etc. Pour moi, c’est relativement facile, les J.O. de Tokyo me permettant de vivre plus facilement ce semi-confinement : je peux passer des heures devant mon téléviseur à regarder une compétition de curling (ce sport étrange qui consiste à balayer la glace devant une pierre en granite), sans parler du skiff, du huit de pointe, de l’omnium ou du keirin. Et découvrir aussi des sports aux noms poétiques - le deux de couple - et d’autres plus mystérieux, la fosse olympique, sans parler des compétitions codées : le nacra 17.

Mais je m’éloigne de mon sujet.

Les J.O. de Tokyo sont l’occasion d’évoquer quelques figures d’athlètes exceptionnelles qui font oublier la face sombre du sport, le dopage, la corruption, l’instrumentalisation politique, les agressions sexuelles...
 
Micheline Ostermeyer, pianiste d’exception (qui, me semble-t-il, donna un récital à La Réunion) et championne de lancer du poids : aux Olympiades de 1948, elle se lance un défi : participer également au concours de lancer du disque (épreuve qu’elle venait de découvrir). Résultat : deux  médailles d’or ! 
 
Aux mêmes jeux de Londres, la “vieille” Fanny Blankers-Koen (30 ans) est moquée par une grande partie du public masculin qui lui conseille de retourner s’occuper de ses enfants. Les propos sexistes pleuvent. La “ménagère” hollandaise repart de Londres avec quatre médailles d’or. Seul Carl Lewis a fait aussi bien.
 
Pour les femmes du monde arabe, le nom de Hassiba Boulmerka est synonyme d’espoir, mais aussi du combat contre les fondamentalismes. Championne du monde en 1991 sur 1500m, Boulmerka remporte la médaille d’or aux J.O. de Barcelone (1992), faisant taire, pour un temps du moins, les intégristes de tous poils.
 
Nadia Comaneci reste la première gymnaste à obtenir un 10/10 dans l’histoire olympique. Ce que l’on sait moins, c’est la brutalité, la terreur, la surveillance, la maltraitance dont la jeune fille (comme d’autres sportifs de haut niveau) a été victime. Et cela pour permettre à la propagande de Ceausescu de se déployer.
 
Le 25 septembre 2000 restera gravé à jamais dans la mémoire de Cathy Freeman. Première athlète aborigène à concourir sous les couleurs de l’Australie, elle fut mise en avant par les autorités de son pays pour tenter de faire oublier la spoliation et les massacres coloniaux. En l’absence de Marie-José Pérec, Freeman fut sacrée championne olympique du 400m.
 
Tout cela pour dire que le sport est à la fois une magnifique occasion de rassemblement, de fraternité et de dépassement de soi. Mais aussi un redoutable instrument politique manié sans scrupule et pour des motifs peu glorieux. Durant les 15 jours que dure cette olympiade, je tenterai d’oublier le sport crapuleux pour applaudir uniquement les performances des athlètes.      

 

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