L'ÉCROULEMENT DE LA POSTE : Le modèle de SAINT-BERNARD 97417

A la fin du siècle dernier. Ivrin PAUSÉ, le facteur de Mafate parcourait, infatigable, les sentiers du cirque, plus de 250000 km en 40 ans pour accomplir sa mission ! Service, service !
Déjà, dans les années 1900 Joseph CHEVAL, facteur rural, parcourait à pieds 30 kilomètres par jour pour aller distribuer son courrier dans les hameaux éloignés durant 33 ans et, on le sait, ramasser des pierres pour construire son palais idéal à Hauterives dans la Drôme.
J'ai retrouvé une carte postale des années 1910, avec écrit au dos « Ma cousine, je vous enverrai votre petite demoiselle cet après-midi par le train de 14 heures 30 ». Témoignage d'une époque où le courrier posté le matin était distribué le jour même dans le village voisin à 15 kilomètres, plusieurs levées chaque jour de semaine, plusieurs distributions.
Il fut donc un temps où une lettre, même envoyé en ordinaire, était sûr d'arriver rapidement, avec le sourire jovial du facteur qui n'hésitait pas à entrer, à discuter le coup avec vous au moment de vous l'apporter. Objets de mémoire. Je viens de retrouver une centaine de lettres écrites au début des années 1980, heureusement conservées, chargées de tous les souvenirs familiaux.
AUJOURD'HUI, qu'est devenue La Poste que je connaissais ?
SAINT-BERNARD, 4200 habitants, plus de 1000 hectares. Pour l'acheminement du courrier, il faut le déposer impérativement avant 10 heures le matin au petit bureau intermittent de la léproserie. De toute façon, l'après midi, c'est fermé.
La Poste a voulu se diversifier et développer la Banque Postale. Partout ? Non, pas à Saint-Bernard. La Poste n'a même pas installé en ce quartier des hauts éloigné de la ville LE GABIER QUE TOUS LES HABITANTS RÉCLAMENT DEPUIS DES ANNÉES.
Ici, contrairement à ses engagements, elle ne remplit pas deux de SES MISSIONS DE SERVICE PUBLIC : La « mission d'accessibilité bancaire » et la « mission d'aménagement du territoire, y compris les zones les moins denses, pour assurer une bonne accessibilité aux services postaux », en application des principes d'égalité et de solidarité qu'elle met en avant !
Le service rendu ? Parfois bien limite. On déplore de longs retards... Et aussi combien de colis en attente, c'est vrai qu'il y a les bizarreries de la douane !
Aujourd'hui, les souvenirs ne sont plus conservés sur des lettres ou des cartes postales, mais sur des « smartphones » éphémères, comme tous les messages sans orthographe qu'ils contiennent. Très coûteux, polluants, immenses consommateurs d'énergie à l'échelle du monde, ils sont tous destinés à périr sans laisser aucune trace de notre vie et de nos émotions présentes. Par eux, nous serons bientôt privés de notre passé.


