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L’avenir de certaines formations universitaires à La Réunion en suspens après une évaluation sévère

Ecrit par N.P. – le mercredi 19 février 2025 à 11H05
Source : Pierre Marchal / Anakao Press

Un rapport du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) remet en question l’utilité de certaines formations universitaires. De nombreuses licences et masters, notamment en philosophie, arts et psychologie, ont reçu un avis défavorable. Cette évaluation pourrait entraîner des fermetures de filières et des réductions de financements, en particulier dans les universités des zones populaires.

Un récent rapport du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) met en lumière les difficultés rencontrées par de nombreuses formations universitaires en France. Plusieurs licences et masters, notamment dans les universités situées en zones populaires comme Amiens, Lille, Nanterre, Créteil, Paris 8 à Saint-Denis, de Mayotte et de la Réunion ont reçu des avis défavorables ou réservés, menaçant leur avenir. Les universités ultramarines pourraient également être concernées.

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Ces évaluations sont fondées sur divers critères, dont le taux de réussite des étudiants, l’insertion professionnelle des diplômés ou encore la mobilité internationale. Les formations de philosophie, d’arts ou de psychologie sont particulièrement concernées. À terme, ces avis pourraient entraîner des fermetures de filières, une baisse des financements ou un gel des recrutements d’enseignants.

Dans un contexte où l’enseignement supérieur fait face à des restrictions budgétaires importantes, avec 1,3 milliard d’euros de coupes et 3.000 postes menacés selon France Universités, ces conclusions inquiètent les acteurs du secteur.

Une évaluation critiquée

Certains spécialistes dénoncent une approche biaisée du HCERES. Stéphane Bonnéry, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris 8, souligne que "l’évaluation repose sur des données chiffrées sans prendre en compte les réalités sociales des étudiants". En effet, selon lui, les universités visées accueillent un grand nombre d’étudiants issus des classes populaires, souvent confrontés à la précarité et aux difficultés d’insertion professionnelle.

L’impact de ce rapport pourrait se traduire par des fermetures de formations jugées non rentables ou inefficaces. "Nous sommes inquiets, car ces évaluations pourraient justifier la suppression de filières entières dans les universités les plus accessibles aux étudiants modestes", alerte Stéphane Bonnéry. Les formations de philosophie, d’arts ou psychologie sont particulièrement visées par ce rapport, tout comme les sciences sociales.

Ce rapport intervient alors que le gouvernement prépare une nouvelle réforme de l’autonomie des universités, dans la continuité de la loi LRU de 2007. Certains y voient une volonté de favoriser une université à deux vitesses, où seules les formations jugées immédiatement utiles au marché du travail seraient préservées.

Outre les menaces sur certaines licences et masters, la recherche universitaire pourrait également être impactée. Le HCERES a récemment plaidé pour un alignement des critères d’évaluation des universités publiques sur ceux du secteur privé, ce qui pourrait limiter les financements pour certaines disciplines jugées moins rentables.

Etiquettes : Université

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