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Langevin: « J’appartiens à une génération où on a banni totalement le créole de l’éducation »

En visite dans notre île, la ministre déléguée chargée de la réussite éducative, George Pau-Langevin, a pris le temps d’écouter l’équipe pédagogique mais aussi les parents de l’école élémentaire Eugène Dayot du Port. Au coeur du quartier Rivière des Galets, « sensible », rappelle l’inspecteur de circonscription, le dispositif expérimental de la « classe passerelle » marque indéniablement des […]

Ecrit par LG – le vendredi 14 juin 2013 à 12H06

En visite dans notre île, la ministre déléguée chargée de la réussite éducative, George Pau-Langevin, a pris le temps d’écouter l’équipe pédagogique mais aussi les parents de l’école élémentaire Eugène Dayot du Port. Au coeur du quartier Rivière des Galets, « sensible », rappelle l’inspecteur de circonscription, le dispositif expérimental de la « classe passerelle » marque indéniablement des points pour sa reconduction.

L’essentiel de ce dispositif test réside dans l’implication active des parents à des ateliers, en présence des enfants et des éducateurs.

Les chiffres sont là pour le démontrer. A l’issue de l’année scolaire 2011/2012, le nombre d’enfants réussissant leur entrée en petite section était de 16 enfants sur les 18 du programme. L’année d’après, 14 sur 17 réussissaient. Le taux de fréquentation est lui aussi avantageux : de 82% à 90% de 2010 à 2012.

« La classe passerelle permet l’adaptation progressive de l’enfant dans le milieu scolaire »; explique Jean-Paul Burki, inspecteur de circonscription. Raison pour laquelle le choix d’une équipe enseignante créolophone a été privilégié. L’autre volet fait appel à l’engagement des parents. « Il permet aux parents de connaître les codes de l’école, de tisser des liens. Des parents qui sont d’ailleurs parfois membres du conseil d’école », relève-t-il.

 

« J’avoue qu’au début, quand on m’avait dit qu’il y aurait des parents dans la classe, j’étais un peu réticente », avoue une éducatrice, mais finalement, après trois années pleines d’expérimentation, tous y trouvent leur compte.

« L’anglais est une manière de dire à l’enfant : tu es citoyen du monde »

« Je n’ai pas trouvé de côté négatif », témoigne Maëlle, cette maman de 27 ans qui voit dans le dispositif passerelle l’occasion de suivre pas à pas sa fille de quatre ans dans les murs de l’école. Puisque le dispositif porte décidément bien son nom, d’autres avantages sont, eux, insoupçonnés. « On réalise beaucoup de choses durant ces années. On réalise qu’on a des voisins qu’on ne fréquentait pas forcément », explique-t-elle.

Après avoir salué l’exposé de l’équipe enseignante et des parents ravis, la ministre a répondu aux questions des journalistes sur l’objet de fracture que constitue la pratique du créole en classe, parfois au détriment d’une langue vivante.

« Nous sommes dans une île qui est massivement créolophone, ainsi il faut que l’enfant, pour l’apprentissage du français, s’appuie sur ce qu’il connaît. Par conséquent, la structuration de sa pensée, de son expression dans la langue qu’il connaît est quelque chose qui facilite la vie de l’enfant. J’appartiens aussi à une génération où on a banni totalement le créole de l’éducation en pensant que ce n’était pas bien pour les enfants. Mais c’est une autre préoccupation que celle de l’anglais. L’anglais est une manière de dire à l’enfant : Tu es citoyen du monde, tu peux t’ouvrir à d’autres cultures. Il est quand même paradoxal que ceux qui sont assez contre le créole, en disant finalement qu’il était difficile pour l’enfant de se repérer dans deux langues différentes, soient favorables à l’anglais, qui est aussi une autre langue ».

 

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