La stratégie de l'Union...

Les municipales de 2014 apparaissaient pour la droite locale comme une formidable opportunité de revanche. Les candidats, investis par Didier Robert et Michel Fontaine, allaient pouvoir laver l’affront des municipales de 2008, des cantonales de 2011, de la présidentielle et des législatives de 2012.
Il n’ y a pas de doutes être candidat estampillé de droite à La Réunion est un sacerdoce depuis 2010. Les stratégies de la pyramide inversée ont toutes démontré leurs performances dans la défaite. Pourtant l’aventure avec Didier Robert apparaissait enthousiasmante. Il était un leader jeune et dynamique. Il incarnait le renouveau de la classe politique réunionnaise. Cette victoire en 2010 devait être la pierre angulaire de la reconstruction de la droite réunionnaise. Tak, Vira, Sini, Poudroux, et Bénard balayés de l’échiquier politique, on allait voir ce qu’on allait voir. 3 ans plus tard, les municipales de 2014 s’annoncent ubuesques et Didier Robert incarne désormais la défaite des idées au profit de l’intérêt d’une personne, la sienne.
Depuis 6 mois, le président de la Région, grand stratège devant l’éternel, saute comme un cabris sur son fauteuil en criant « l’UNION, l’UNION, L’UNION ». Ce mot est devenu une obsession, une lubie, un TOC amenant Didier Robert à « réfléchir » uniquement par le prisme de l’UNION affichée. Mais l’Union pour faire quoi ? Aujourd’hui, Didier Robert nous indique en clair « nous pouvons perdre toutes les communes tant que la défaite se fait dans l’Union. » Il n’indique en aucune manière les modalités de la victoire. Il veut juste l’étendard. Mais un étendard souillé de boue et à terre ne sert à rien.
La stratégie de Didier Robert, c’est la stratégie de la terre brulée. Le président de Région est aujourd’hui en train de tuer sous nos yeux toute une génération politique. Prenons commune par commune, vous vous apercevrez de quoi ? Didier Robert n’a placé aucun de ses conseillers régionaux et autres militants de la premières heures dans une ville prenable … les seuls qui ont eu l’onction (la dernière) de Didier Robert, ce sont les conseillers régionaux Alin Guezello sur Saint-Joseph, ville imprenable par excellence, et Serge Camatchy sur Saint-André, qui lui aussi n’a aucune chance. Sur toutes les autres communes Didier Robert s’est effacé devant les envies de Nassimah Dindar et a éliminé de la politique locale tous ses conseillers régionaux et proches partisans.
Les maires en place qui siègent au conseil régional n’ont, quant à eux, nullement besoin de l’aide ou de l’étiquette d’objectif Réunion, ils sont déjà en place et ce bien avant l’arrivée de l’ex idylle du Tampon. Si bien qu’après 2014, Didier Robert ne pourra revendiquer la paternité d’aucune municipalité, pire il aura tué ses amis politiques qui ne pourront plus siégés dans les oppositions municipales afin d’animer le réseau des militants pour les Régionales de 2015.
Cette UNION, revendiquée, promue comme la panacée électorale est une farce mortelle. Didier Robert n’a jamais gagné en faisant l’Union. En 2010, les régionales ont été gagnées alors qu’il y avait 2 listes à droite, c’est la seule victoire que peut revendiquer aujourd’hui Didier Robert. Il impose l’Union pour l’Union dans des communes dont ils ne maitrisent pas le jeu politique et reste incapable de réaliser l’Union dans sa ville du Tampon. Il impose aux autres une stratégie qu’il ne s’applique pas à lui même. Si ce psychorigide de l’Union veut être pour une fois crédible en stratégie qu’il débute par celle ci : faire l’union de la droite au Tampon et derrière celui qui est censé avoir le plus de chance de remporter la ville, c’est à dire faire l’Union derrière TAK. C’est dur à avaler pour Didier ? Alors il peut comprendre que sacrifier ses propres hommes et femmes dans les autres communes de l’île, avec cet argument, est une ineptie.
Le président de Région n’est pas un Général qui amène ses troupes à la victoire, il est devenu un caporal, un garde chiourme préférant l’étendard à la victoire. Les militants de l’UMP et d’Objectif Réunion sont devenus la chair à canon de ce caporal en goguette. Fini les victoires audacieuses, avec Didier Robert, il faut gérer les défaites si possible dans le déshonneur et boire la coupe amère de la honte jusqu’à la lie.
Avec Didier Robert, peu importe les candidats, une chèvre, un adversaire de tout temps, un incapable, un idiot fini, feront l’affaire tant qu’on peut leur coller l’étiquette « Union ». Le nivellement par le bas tant usité par François Hollande a trouvé un repreneur ici localement, pas de chance c’est notre président de Région !
Nassimah Dindar a, quant à elle, vu l’astuce et a soutenu jusqu’au bout ses conseillers généraux si bien que les seules victoires à droite possible pourront être revendiquées par l’UDI et le LPA. La deuxième claque viendra surement des victoires de TAK et VIRA alors que Didier Robert n’accèdera pas au 2ème tour des municipales. Les alliés du centre ne jouent pas la gestion des défaites mais jouent la gagne. Ils ont une stratégie de conquête, une stratégie de construction et ils se défendent en cohésion.
En politique la plus forte envie de gagner, amène la victoire. A l’heure actuelle Didier Robert n’a qu’une envie, en finir avec la politique locale et tuer tout ceux qui pourraient reprendre le flambeau après la déculotté annoncée des régionales de 2015. Tout un programme !


