La résistante réunionnaise Marguerite Jauzelon s'est éteinte à l'âge de 105 ans

Partie de La Réunion fin 1943, Marguerite Jauzelon a participé à la grande épopée de la Libération. Avec 50 autres Réunionnaises, elle rejoint d'abord Madagascar, où elle insiste pour rejoindre le front et servir en tant qu'ambulancière. Sa détermination finit par payer, elle est affectée au 431e Bataillon médical colonial, dans la 3e Compagnie de ramassage à son arrivée à Oran.
À partir de là, son histoire se mêle à celle de l'épopée de la Libération. La jeune ambulancière participe au débarquement de Provence, avant de remonter le Rhône, et d'obliquer vers les Vosges. Début 1945, Marguerite est au cœur de l'action, et rentre avec la 1re Armée française au cœur du Reich. Dans son ambulance, baptisée "Hirondelle", elle soigne tous les soldats, peu importe leur uniforme. "C’étaient des blessés, qu’ils soient Allemands, Africains ou Français", se remémore-t-elle à l'occasion de son 104e anniversaire.
Démobilisée en 1946, la jeune femme décide de retourner sur son île et de reprendre son métier d'enseignante. Se concentrant sur son travail d'institutrice à Saint-André, sa ville d'origine, son histoire est passée sous silence pendant plus de 60 ans.
Il faudra attendre 2002 pour que sa participation à la libération du pays soit pleinement reconnue. À cette occasion, elle recevra la Légion d'honneur des mains d'un célèbre résistant péi : Jean Joly.
Cette reconnaissance va la pousser à raconter son histoire aux nouvelles générations. Durant les années qui suivent, Marguerite Jauzelon va sillonner l'île pour aller à la rencontre des plus jeunes. Reçue en grande pompe à la préfecture à l'occasion de son centenaire en 2017, elle s'était retirée de la vie publique depuis.
De nombreuses réactions affluent depuis l'annonce de sa disparition. Tous saluent son engagement et son courage durant cette période incertaine de l'Histoire. La présidente de la Région, Huguette Bello, rend hommage à une "grande
Réunionnaise au parcours exceptionnel dont La Réunion s’enorgueillit !".
"Je voudrais surtout que l'on se souvienne de son courage et de sa volonté. Elle est la preuve que lorsque qu'on veut, on peut surmonter tous les obstacles. Elle a quitté La Réunion à 25 ans et a réussi son parcours. Son sens de l'honneur ne doit pas être oublié", souligne sa fille, Jeanine Deleflie.
La veillée funéraire se teindra au domicile de la famille Deleflie à Saint-Gilles-les-Bains, l'inhumation se déroulera ce dimanche à la cathédrale du chef-lieu à 14h.


