La grogne contre le prix de l'essence prend de l'ampleur sur internet

L'actualité est brûlante sur le sujet des carburants, notamment avec les propos du PDG de Total, Christophe de Margerie qui voit "l'essence à deux euros très bientôt", mais pas seulement en France métropolitaine, mais à La Réunion aussi où le prix du gasoil et du sans-plomb ont atteints des records jamais connus depuis 2008.
Hier se tenait une réunion avec les transporteurs routiers sur l'épineuse question de la mise en place d'un gasoil professionnel. Mais pour les particuliers ? "Rien", s'insurge Eric Beehary. Ce dernier a créé, le 2 avril dernier, une page sur Facebook intitulée "Boycott tournant contre la vie chère" (voir ici : Boycott tournant contre la vie chère ). L'idée est relativement simple. Il invite les Réunionnais à rejoindre ce mouvement afin de boycotter une enseigne de station-service différente chaque mois. "Ce moi-ci, il s'agit des stations Elf", expose-t-il.
Marges énormes
Pourquoi cette idée de boycott tournant. "Le litre de gasoil et de super sont achetés par la SRPP, respectivement 0,62 et 0,58 centimes d'euros avant d'être revendu 1,25 et 1,58 euros", explique-t-il, "ce qui entrave le développement économique de notre île mais aussi provoque une grosse diminution du pouvoir d'achat des Réunionnais".
Pour cela, il s'appuie sur les marges et taxes mises en place sur le prix des carburants à la Réunion. "Les marges de la SRPP sont énormes. Elle est en situation de monopole sur l'île. En plus, tout le monde sait qu'elle est actionnaire des enseignes de stations-services à La Réunion. Il n'y a donc aucune concurrence. Les prix à la pompe sont verrouillés". Mais il déplore "également" les taxes des collectivités locales qui ne sont pas utilisées "de manière contrôlée". "Du vrai gaspillage", s'insurge-t-il.
Mettre en place une vraie concurrence
Eric Beehary souligne qu'aux Antilles, "le même type d'action avait été mis en place de manière très suivie. Les consommateurs avaient obtenu au bout d'une semaine de boycott une baisse significative allant de 20 à 30 centimes. Pourquoi pas nous ?", s'interroge-t-il.
Mais derrière l'action de boycott des stations-services d'une enseigne, se cache une autre action encore plus vaste qui vise à mettre en place une vraie "concurrence" à La Réunion, avec à terme "une baisse des prix raisonnables à tous les niveaux, c'est à dire la grande distribution, les services, les billets d'avion, …"
"Si l'essence baisse et les prix de différents produits aussi, les Réunionnais gagneront en pouvoir d'achat et dépenseront plus dans les sorties, restaurants, loisirs... Il y aura donc obligatoirement une hausse de l'activité de milliers d'entreprises et création d'emploi. Tout ça au lieu d'engraisser les actionnaires de la SRPP", conclut-il.



