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La formation professionnelle privée tire la sonnette d’alarme

La semaine dernière, cela faisait l’objet d’une réunion publique dans le cadre des États généraux : la question de la formation professionnelle privée. Aujourd’hui en grande difficulté, les professionnels ont du mal à voir le bout du tunnel...

Ecrit par Melanie Roddier – le jeudi 04 juin 2009 à 09H07

Après la crise économique, la crise sociale…Dans le secteur de la formation professionnelle, comme ailleurs, on craint de nouvelles fermetures de structures, et des nouveaux licenciements.
Thierry Fayet est membre de la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle). Ce dernier a bien voulu s’exprimer à un moment où la situation est devenue pour lui très inquiétante.

La semaine dernière encore, la commande publique n’était pas arrivée alors que depuis le mois de mars 2009 les actions APP (Atelier pédagogique et personnalisé, elles ont pour mission d’assurer à toute personne sortie du système scolaire un complément de formation), et LCI (Lutte contre l’Illettrisme) sont terminées. Des salariés en poste, en contrat à durée indéterminée, ne produisent donc aucune heure stagiaire. 

« Une concurrence déloyale »

Les représentants de l’offre privée de formation dénoncent également avec constance la « concurrence déloyale » que constituerait la tarification plus faible de l’offre publique mais aussi ses domaines de compétence. « On vient de voir apparaître dans un le Sud un météore subventionné par le Conseil régional, le « Campus Sud » où vont se regrouper l’Afpa (Association professionnelle des adultes), la chambre de Commerce et la chambre de Métiers). Comment allons-nous rivaliser ? Tant qu’ils étaient sur des secteurs que nous ne pouvions par gérer, nécessitant un important fond d’investissement, comme l’automobile, pas de problème, mais j’ai vu mentionner dernièrement qu’ils allaient ouvrir des sessions dans les domaines du tertiaire et du service à la personne. C’est une concurrence déloyale vis-à-vis des centres de formation privés. »

De plus, la loi de 2004 sur la professionnalisation accordait de nouveaux droits tel que le droit individuel à la formation (DIF). Dans le cadre de l’individualisation des parcours, ces droits étaient financés à 50 euros de l’heure. Les centres de formation privés ont appris le 30 mars dernier qu’ils allaient être financés entre 9,15 euros et 12 euros de l’heure.

« Bon nombre d’entreprises de formation ont déjà fermé »

Concernant le code des marchés publics, l’ANPE restructurait son achat de prestations l’année dernière, prestations qui étaient facturées à 900 euros par individu (bilan de compétence sur 20 heures). Après une négociation sur les taux de marge, là aussi, peu appréciée par les entrepreneurs, la prestation des 20 heures se retrouve facturée aujourd’hui entre 380 et 430 euros de l’heure. Pour Thierry Fayet, non seulement, la qualité de service risque de s’en trouver ternie mais c’est une nouvelle difficulté qui risque de signer l’arrêt de mort de certains centres de formation. « Bon nombre d’entreprises de formation ont déjà fermé et notamment ont dû licencier des psychologues du travail« , assure le membre de la FFP.

A côté, les centres de formation tentent tant bien que mal de gérer leur relation avec les banques, ou encore de maîtriser la concurrence avec des institutions de service public telle que la chambre de Commerce dont ils sont pourtant adhérents…

Autant dire que l’accord Medef/Cospar pour une augmentation de 50 euros sur les salaires est un nouveau coup de massue pour les centres de formation privés. Les membres de la FFP se sont joints à la CGPME pour dire « non » à une telle décision.

 

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