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La filière canne-sucre est loin d'avoir dit son dernier mot

Nouveau logo, nouveau visage, nouveau nom. Le syndicat des fabricants du sucre de la Réunion fait peau neuve, et à cette occasion, son président, Jean-François Moser, a tenu à présenter les grandes orientations d'une filière qui a "un fort potentiel".
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 17 novembre 2010 à 07H51

Après 15 années de présidence à la tête du syndicat des fabricants de sucre de la Réunion, Xavier Thieblin passe la main. C’est à la suite d’une réorganisation dans l’actionnariat des sociétés sucrières de La Réunion, que le syndicat a décidé de renouveler son comité de direction.

Membre du directoire de Tereos Océan Indien, président d'Ercane, mais aussi président de l'agence de développement, membre de la section prospective du conseil économique et social, membre du comité économique consultatif de l'IEDOM et conseiller du commerce extérieur de la France, Jean-François Moser est devenu président du syndicat de sucre de la Réunion lors du renouvellement de l'assemblée générale le 17 septembre dernier.

C'est à l'occasion d'une conférence de presse tenue sur un terrain de la Bretagne à Saint-Denis, face au jardin de collection des variétés de canne du centre de recherche Ercane, que Jean-François Moser a rappelé les enjeux de la filière. D'abord, avec une production moyenne de 200.000 tonnes de sucre et un quota disponible de 300.000 tonnes, la Réunion est, avec la Guadeloupe, la seule à bénéficier d'une telle réserve de production, en comparaison aux filières sucrières européennes.

Et où vont nos sucres? Plus de 95% du sucre produit dans le Département est exporté dans une quinzaine de pays de l'Union Européenne. "Les sucres roux de canne de la Réunion sont très appréciés, tant pour l'industrie que pour les sucres de bouche. Nous développons des sucres différenciés, ce qui représente un atout supplémentaire", explique Jean-François Moser.

16.000 hectares irrigués

La Réunion possède donc un fort potentiel sucrier dont la productivité connait des progrès considérables. La finalisation du transfert des eaux et l'équipement d'antennes d'irrigation du littoral ouest, attendus en 2013, est une première avancée. "On va être mesure d'irriguer globalement 16.000 hectares de surfaces cultivées en canne sur les 26.000", souligne le président.

Par ailleurs, la valorisation de l'électricité issue de la bagasse a permis l'an dernier de grimper une marche très significative, avec une augmentation d'environ 20% des revenus des planteurs. Et pour mesurer le moral des troupes, rien de tel que d'aller observer les espaces agricoles quelques mois plus tard : "La replantation, c'est l'acte de foi du planteur qui, lorsqu'il dispose d'une trésorerie suffisante pour investir, est disposé à replanter", déclare Jean-François Moser.

Et la clé de voûte de cet ensemble, c'est le foncier. L'enjeu du prochain SAR (Schéma d'Aménagement Régional) est de trouver un juste équilibre entre le développement urbain et celui de l'agriculture et des milieux naturels. Aujourd'hui, la Réunion c'est 12 logements à l'hectare. On estime une capacité de construction à près de 280.000 logements dans les espaces vides du tissu urbain. Or, selon l'Insee, le besoin oscillerait autour de 140.000. "La Réunion dispose donc de moyens pour réaliser cet équilibre du territoire", juge le président.

Le SAR, un compromis

"Il faut viser juste", a-t-il ajouté, et cela passe par la reconquête des espaces de valeur, "et non le sacrifice de toutes nos terres pour l'urbanisation". A ce sujet, Jean-François Moser a pris pour illustration le "gaspillage honteux" de la zone de Beauséjour à Sainte-Marie.

A ce jour, l'avancement de la campagne sucrière s'élève à hauteur de 83% avec 1 million 582.343 tonnes réceptionnées et traitées. Les professionnels estiment que le niveau de l'an dernier, d"1 million 900.000 tonnes, sera atteint. Mais, au final, cela reste un chiffre fragile pour le secteur. D'où l'importance de trouver des solutions pour le faire évoluer à l'instar des enjeux de reconquête de terres attendus avec le SAR qui, résume Jean-François Moser, "n'est pas un idéal mais un compromis qui assure une meilleure lecture des territoires, une bonne visibilité".

En se projetant à plus long terme, il tenait à cœur au nouveau président du syndicat de parler du travail effectué par Ercane, "un atout, un outil de pointe" qui permet de poursuivre les investigations, "et d'avoir des perpectives de diversification et de valorisation". Le centre de recherche a libéré des nouvelles variétés de cannes, très performantes, ces dernières années... Une autre façon de faire avancer la filière canne-sucre.

 

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