La fessée française… …ne plaît pas à l’Europe !

Ce midi aux infos télévisées, une certaine madame Roy, sourire satisfait, venait faire la leçon aux sauvages que nous sommes, au nom d’une Europe parée de toutes les vertus :
La France a été condamnée parce qu’elle reste un des rares pays européens à ne pas interdire la fessée aux enfants impossibles. Nous reparlerons de cet aspect purement européen plus loin.
Armée de la forte conviction que lui confère sa seule raison, cette dame expliquait qu’il y a mille autres moyens que la correction pour faire entendre raison aux têtes rebelles à toute éducation.
Je dirai tout de suite qu’il y a une distinction à opérer entre "correction" et "torture". Une bonne fessée n’a rien à voir avec des maltraitances. Corriger n’est pas martyriser !
Quoiqu’en disent cette charmante dame et ses coreligionnaires en permissivité, si beaucoup d’enfants sont accessibles à une discussion, à un raisonnement, il en est hélas beaucoup aussi qui ne veulent rien comprendre.
Et sous le fumeux prétexte de ne pas traumatiser ces pauvres petits chéris, il faut s’interdire de leur caresser l’échine.
J’avoue que mes frangins et moi avons été de sacrés emmerdeurs. Bien des fois, nous la rôdé nous la gaingné. T’as vu not’ gueule de traumatisés ? Et celle d’Harry ? d’Ange ? de Sully ? J’en passe et des encore moins traumatisés. "Gueules de tarés", diront certains, "de poivrots", susurreront d’autres, soit, mais de traumatisés, jamais ! Je professe qu’une branche chargée a besoin d’un tuteur. Et qu’une solide raclée aide une échine tordue de se redresser !
Répétons-le, il ne s’agit pas de corriger à coups de poing, de bascule, de batte de base ball. Fut un temps où le môme se retrouvait à genoux sur des grains de filaos ; cela est condamnable.
Cette dame affirme de façon péremptoire qu’il faut discuter, pas fesser ni punir. Soit !
Je l’invite alors à venir dans un bus Alternéo, sur les coups de midi, expliquer gentiment aux voyous de 12 ans qu’il "ne faut pas, mes enfants, mettre la musique à fond pour ne pas emmerder les autres, ce n’est pas gentil, mes petits chéris !"
Quant à l’Europe, sans remettre en question sa nécessité, je dirai qu’il y a peut-être une autre façon de l’envisager ; une Europe qui tiendrait compte des différences au lieu de tout vouloir niveler par la base. Le Portugais ne réagit pas comme un Allemand. Le Breton n’est pas Grec. Ils sont tous Européens. Comme les gars du Texas ou de Virginie sont Texans, Virginiens ET Américains.
Voici quelques années, les eaux de Saint-Paul (Alain Bénard était maire) ont été déclarées non conformes aux normes européennes. Ca a fait ricaner toutes les baleines. C’est sûr que les eaux de la Manche ou de la Mer du Nord, d’une limpidité absolue comme chacun sait, sont plus conformes aux désidératas de l’Europe. Je suggérai alors un pipe-line qui nous apporterait un peu de bienfaits nitratés, phosphatés, mercurisés de la Manche. On ne m’a pas entendu…
Victor Hugo, Européen avant la lettre, doit en frémir de rage dans son Panthéon.
Jules Bénard


