La dette publique de la France se creuse encore de 40 milliards d'euros

L’Insee a confirmé ce jeudi une nouvelle hausse de la dette française, qui atteint 3.345,8 milliards d’euros au premier trimestre 2025. Une situation budgétaire critique à l’heure où le gouvernement tente de bâtir un budget 2026 sous tension.
C’est un symbole de plus en plus inquiétant de la fragilité budgétaire française. Selon les chiffres publiés jeudi matin par l’Insee, la dette publique de la France a augmenté de 40,5 milliards d’euros entre janvier et mars 2025. Elle s’élève désormais à 3.345,8 milliards d’euros, soit 114 % du produit intérieur brut. À titre de comparaison, elle représentait 113,2 % fin 2024 et seulement 57,8 % en 1995. Cette envolée constante, alimentée par les crises successives – financières, sanitaires puis inflationnistes – place désormais la France parmi les pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie.
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Dans ce contexte, le gouvernement joue gros. Alors qu’un comité d’alerte sur les finances publiques est réuni ce jeudi, l’exécutif doit aussi faire face aux tensions politiques liées à l’échec des négociations sur les retraites et aux menaces de censure émanant de la gauche. La trajectoire budgétaire, elle, s’annonce ardue : le déficit public, à 5,8 % du PIB en 2024, devrait descendre à 5,4 % en 2025, puis 4,6 % en 2026, pour enfin repasser sous la barre des 3 % d’ici 2029. Un objectif jugé ambitieux, voire irréaliste par de nombreux économistes.
Pour y parvenir, Bercy a annoncé un effort d’économies de 50 milliards d’euros en 2025, et encore 40 milliards l’an prochain. Une « austérité » assumée, mais politiquement explosive. La hausse du coût de la dette – en passe de devenir le premier poste de dépenses de l’État – et la volonté affichée de réarmer le pays limitent considérablement les marges de manœuvre.
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Face à l’impasse, le gouvernement envisage un gel des dépenses, une « année blanche » où les budgets seraient reconduits sans revalorisation. Toutes les pistes sont sur la table, y compris un rééquilibrage des efforts entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités. Pour tenter d’éviter une nouvelle crise parlementaire, les ministres Éric Lombard (Économie) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) ont entamé une série de rencontres avec les groupes politiques, espérant bâtir un fragile consensus avant la présentation du budget à l’automne.
« Ce qui est construit est à la fois responsable et crédible », a assuré Amélie de Montchalin, tout en reconnaissant des « discussions difficiles » avec les ministères. Un discours qui peine à convaincre les élus locaux. L’Association des maires de France dénonce un « exercice de communication » plutôt qu’un véritable dialogue, tandis que les incertitudes internationales – guerre au Proche-Orient, hausse des droits de douane américains – continuent de peser sur une croissance atone : seulement 0,6 % attendus cette année par l’Insee, contre 1,1 % en 2024.


