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« La crise du logement à La Réunion est maintenant une réalité »

La crise du logement à La Réunion est devenue une réalité incontestable, alertent la sénatrice Audrey Belim et le député Philippe Naillet. Face à des indicateurs alarmants, ils mettent en garde contre des conséquences sociale et économique dévastatrices si des mesures rapides et robustes ne sont pas prises. "Les signaux sont plus que dans le rouge" s'inquiètent les deux parlementaires socialistes.

Ecrit par Samuel Irlepenne – le samedi 17 février 2024 à 06H18

Avec 45.000 demandes de logements, soit une augmentation de 60 % en six ans, des permis de construire en baisse qui ajoute un risque sérieux pour la filière BTP, la crise du logement s’intensifie. Les livraisons de l’année dernière, à peine 1.600 logements, sont nettement insuffisantes. « La crise est là, c’est une réalité », s’inquiète Philippe Naillet.

Ce dernier et Audrey Belim plaident pour une approche différente des Plans Logement Outre-Mer (PLOM), soulignant la nécessité de PLOMs territorialisés, élaborés avec la participation des acteurs locaux tels que les bailleurs sociaux, les associations de défense des locataires et les entreprises du BTP. « Bien que le dispositif « Territoire engagé pour le logement » soit une réponse, il ne peut pas être la solution unique face à la crise », plaide Philippe Naillet. Le parlementaire socialiste estime que l’objectif de 30.000 logements pour 22 territoires est insuffisant pour résoudre le problème du logement à La Réunion. « Il faut construire plus pour loger mieux », martèle-t-il.

Un autre des points cruciaux soulevés par Philippe Naillet est le différentiel de financement de 20% entre le financement du logement social et son coût réel. Il appelle à réduire ce différentiel, soulignant le rôle crucial de l’État. Il insiste par ailleurs sur la nécessité de simplifier les normes, de tropicaliser les matériaux pour réduire les coûts. Sur ce dernier point, il juge nécessaire le développement de filières pour les matériaux biosourcés.

Un millefeuille administratif pénalisant et pas adapté aux réalités locales

De son côté, la sénatrice Audrey Belim déplore l’absence de considération des spécificités ultramarines dans les Plans Locaux de l’Offre de Logement (PLOM). « Notre climat à nous, notre océan, n’est pas le même qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il ne faut donc pas réfléchir à un PLOM, mais à des PLOMs », tient-elle à rappeler. La sénatrice PS se montre également critique vis-à-vis du « millefeuille législatif » qui entrave l’action des maires. « Quand vous avez en plus de la Loi Montagne, la Loi Littorale, la loi Zéro artificialisation nette (ZAN), il est difficile de sortir des opérations. Nous sommes un territoire insulaire avec des montagnes et une biodiversité riche : au lieu de nous protéger on nous contraint. La loi ZAN peut être une bonne chose pour la protection de la biodiversité mais pas faite avec ce réflexe Outre-Mer », regrette la parlementaire du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.

Outre cette nécessaire prise en compte de ce réflexe outre-mer, cette dernière appelle à une réflexion sur l’exploitation du foncier en équilibre avec les impératifs agricoles tout en écoutant les préconisations des professionnels du logement, de la FEDOM, et d’autres acteurs du secteur. Elle encourage le soutien des collectivités, des maires, des intercommunalités, du préfet et de l’État « pour travailler intelligemment face à la crise ».

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