La CRC remporte la première manche face à Didier Robert

Avant son procès en appel dans l’affaire des emplois présumés illégaux de la Région, Didier Robert demandait la modification de certains passages du rapport de la Cour régionale des comptes concernant la gestion des ressources humaines au sein de la collectivité.
« S’il le faut, on ira à Bordeaux, c’est à côté », avait plaisanté Didier Robert, pince-sans-rire, le 3 avril dernier, au sortir de l’audience du tribunal administratif de La Réunion. Le rapporteur public Xavier Monlaü venait de rejeter dans ses conclusions le recours de l’ancien président de Région, et l’affaire semblait alors mal embarquée.
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La confirmation est arrivée ce jeudi 17 avril : le tribunal a rejeté la requête de Didier Robert, qui demandait la rectification de trois pages (de 15 à 17) du rapport de la Cour régionale des comptes (CRC) sur la gestion des ressources humaines à la période où il présidait la Région.
Didier Robert voulait faire effacer du rapport toute mention à d’éventuels emplois déguisés de cabinet, des faits présumés similaires à ceux pour lesquels a été récemment interrogé en garde à vue le maire de Lyon Grégory Doucet.
Comme pour le maire écologiste de la métropole lyonnaise, c’est la CRC qui a signalé à la justice l’existence d’emplois susceptibles d’être des postes politiques, bien que non officiellement rattachés au cabinet de Didier Robert.
Didier Robert mène deux procédures de front
Relaxé en mai 2024 au même titre que les dix autres prévenus du procès des emplois présumés illégaux, Didier Robert comparaîtra à nouveau les 14 et 15 mai prochains, suite à l’appel formulé par le parquet.
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Son recours au tribunal administratif, formulé dès 2022, visait à contester certaines formulations employées par la CRC, laquelle pointait dans son rapport des « confusions entre les fonctions politiques et administratives » de nombreux conseillers techniques ou chargés de mission embauchés par Didier Robert.
Comme il l’avait laissé entendre après l’audience, Didier Robert se prépare sans doute à contester la décision rendue aujourd’hui devant la Cour d’appel de Bordeaux. Suite à un recours qui lui était adressé, la CRC avait en 2022 expurgé de son rapport certains passages ayant trait aux activités politiques des personnes visées.
Pour Didier Robert, il s‘agit donc de mener deux procédures de front : l’une administrative pour faire effacer certains passages accablants du rapport de la CRC, l’autre sur le plan pénal pour échapper à la condamnation de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêt.


