La CFDT livre son agenda 2026 pour le secteur du BTP

Convention collective du BTP, renforcement de la lutte contre le travail illégal ou surveillance des prix anormalement bas : la CFDT livre ses priorité pour l’année 2026.
L’intersyndicale du BTP a semble-t-il préféré rester discrète sur sa victoire, mais elle a bien obtenu satisfaction lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), après avoir menacé de faire grève en ce début d‘année à la reprise des chantiers.
Comme le confirmait ce mardi 24 février, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de la CFDT BTP Réunion Johny Lagarrigue, les syndicats ont arraché les +1,50% d’augmentation du taux horaire qu’ils réclamaient au patronat. L’accord a été signé en décembre, ce qui constitue un succès historique pour l’intersyndicale : pour la première fois, il n’y aura pas besoin de procéder à des calculs de rattrapage rétroactif sur les salaires.
« Nous avons la meilleure convention régionale de toute la France », se félicite Johny Lagarrigue, tandis qu’un de ses collègues de la CFDT insiste sur la volonté du syndicat de peser pour la mise en place généralisée du treizième mois dans le secteur, en posant ainsi la problématique : « Certains entreprises donnent des primes pour compenser, mais les patrons nous disent que le treizième mois n’est pas possible car sinon ils ne seront plus concurrentiels pour obtenir les marchés. »
Négociations pour un accord climat
La CFDT indique vouloir aussi obtenir des avancées en vue d’un accord climat avec la FRBTP, en s’appuyant sur l’accord national remanié en 2023 à la suite des très fortes chaleurs relevées dans l’Hexagone. À La Réunion, les 17.500 salariés du BTP travaillent la majeure partie de l’année sous des températures élevées, et doivent souvent observer leur pause méridienne dans les mêmes conditions.
Autre cheval de bataille du syndicat pour cette année 2026, le Haut conseil de la commande public (HCCP), une instance au sein de laquelle la CFDT entend peser pour obtenir plus de contrôle de la part de la Sécurité sociale sur le travail illégal, mais aussi davantage de condamnations des entreprises qui y ont recours.
Selon Johny Lagarrigue, le HCCP doit permettre aussi d’alerter les autorités sur la nécessité d’une vigilance accrue concernant les pratiques de prix anormalement bas. Le syndicaliste évoque le cas d’un bailleurs social et d’institutions ayant récemment attribué des marchés pour un montant d‘une centaine de millions d’euros à une entreprise qui s’est retrouvée devant le tribunal de commerce deux mois plus tard.« Il y a aussi les impayés qui touchent les entreprises du BTP », ajoute le secrétaire général de la branche BTP de la CFDT, en citant cette fois le cas d’une société mise en grave difficulté en raison d’un défaut de paiement de 240 000 euros de la part d’un puissant établissement public de l’île.


