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La 11ème heure : "Reconcevoir notre façon de concevoir..."

La semaine du développement durable a débuté ce matin à 10h au "village durable" de l'IUT de Saint-Pierre par la projection, en avant-première, du film-documentaire "La 11ème heure". Véritable témoignage en faveur de notre planète et en défaveur de l'action humaine, ce documentaire, commenté par l'acteur Leonardo Di Caprio, dresse un triste constat du déséquilibre qui existe et persiste entre l'homme et la nature...
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 1 avril 2009 à 14H00

Dès le début, une série d'images choc viennent rappeler au spectateur l'impact de l'homme sur la planète: guerres, pollutions, transports, destructions, mondialisation. Pour de nombreux scientifiques qui se succèdent, l'action néfaste de l'homme sur la biosphère et les écosystèmes n'est plus à prouver.

"La planète se comporte comme un organisme infecté"

Le véritable problème se situe dans l'équilibre ou plutôt le déséquilibre qui règne entre la société humaine et la nature. L'équilibre de notre environnement repose sur un nombre infini de paramètres et de facteurs plus ou moins liés entre eux. De son côté, l'homme, à travers son action individuelle et collective, agit au détriment de cet "équilibre". Résultat: la planète est infectée et ne manque pas de le faire savoir avec les tornades, inondations, sécheresses, niveau des mers, modifications des courants marins. Les vitesses de rotation des cyclones ont ainsi augmenté tout comme les durées de vie de ces perturbations qui se sont accrues de 50%. D'après les experts, nous serions arrivés à un point critique dans le temps et ce, en raison du comportement de notre espèce: l'homo sapiens sapiens qui n'en est encore qu'à son enfance...

Une prise de conscience tardive

La grande rupture est à dater du XIXème siècle avec la grande Révolution industrielle. A cette époque, la pollution s'accélère avec le charbon, les industries puis avec l'utilisation des énergies fossiles que l'homme considère comme renouvelables à l'infini. Les conséquences sont dorénavant visibles, 200 ans après le début de cette révolution industrielle. Les régions de l'Arctique et de l'Antarctique, véritables témoins de l'état de santé de la nature, montrent des signes plus alarmants qu'Al Gore avait déjà explicité au sein de son documentaire "Une vérité qui dérange".
En fondant et en rétrécissant, ces zones fragiles réfléchissent de moins en moins les rayons solaires qui arrivent sur terre, ce qui pourrait mener à une ambiance comparable à celle de la surface de Vénus où il fait continuellement 250° C. Ce sont ces glaciers entamés par l'action humaine qui ont peut-être donné le signal d'alarme.

Une société qui ne cesse d'émettre du CO2

La quantité de CO2 ne cesse de croître. C'est ce constat qui inaugure le chapitre sur la tendance consumériste des humains dans ce documentaire. Plus 35% de CO2, plus 150% de méthane: c'est le constat que dressent les scientifiques qui se sont penchés sur cette question. Le dioxyde de carbone a dorénavant atteint 400 PPM (parties par million) ce qui est très proche du point de non retour pour la sauvegarde de la biosphère.
Le problème, c'est que certains hommes influents du monde politique à l'échelle internationale et nationale considèrent encore le réchauffement climatique comme une croyance religieuse : "Je ne crois pas à cela... J'y crois...". Mais ce sont bien les preuves qui triomphent contre les croyances. Ainsi la NASA a estimé que la température avait augmenté de 7/10e de degré à la surface de la terre ces dernières années ce qui a mené à des blessures qu'il sera impossible de cicatriser comme la fonte du permafrost de la toundra méridionale.

Le poids de l'économie, de la consommation et des politiques

Chaque système de vie de la biosphère est actuellement en déclin: la couverture forestière, les récifs, l'eau, la biodiversité, la qualité des sols... Ainsi, 86% des grands poissons de mer ont déjà disparu de la surface du globe en un demi siècle. En réalité, lorsque l'on se concentre sur les mécanismes de l'économie, de la mondialisation et des firmes transnationales, on constate qu'il s'agit d'un sous-système qui est en train de tuer celui qui l'accueille: la Terre. D'après "La 11ème heure", les politiques et les gouvernements obéissent au doigt et à l'œil à une seule autorité, celle du pétrole. Le problème fondamental est que l'économie est un sous-système qui repose sur une logique de croissance alors que le grand système qu'est la biosphère garde la même taille et se retrouve progressivement dévorée par ce sous-système qu'est l'économie associée à la consommation...

Des solutions individuelles mais aussi technologiques

Afin d'équilibrer cette relation conflictuelle entre l'homme et la nature, l'utilisation de technologies et des sciences doit intervenir à bon escient. La génération actuelle va donc devoir complètement changer sa conception du monde. Il faut que tout "aille du berceau au berceau et non du berceau au tombeau". Chaque jour, la nature nous donne une vraie leçon de développement durable. Un arbre produit de l'oxygène, absorbe le CO2, retient l'eau, stabilise les sols, contribue au développement de la vie, produit de la nourriture ou le cas échéant de la sève. Si une maison ou un immeuble était construit sur ce modèle ou qu'une cité était modelée avec des fonctions identiques à une forêt, cela faciliterait grandement cet équilibre recherché: ce sont les constructions vertes qu'il est possible et obligatoire de concevoir avec les technologies actuelles et qu'il est possible de raccrocher à une nouvelle économie qui deviendrait alors une économie responsable et verte.

Chacune de nos actions peut donc être considérée comme un pixel qui, associé à un autre, finit par former une image: "Chacun fait du mieux qu'il peut en fonction du niveau de conscience". Cependant, ce ne sont pas avec des mesurettes politiques que nous arriverons à influencer la donne qui se joue tous les jours car, de son côté, la terre a tout son temps devant-elle. Ce qui n'est pas notre cas...

 

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