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Kwezi TV : après des dérapages à l'antenne sur la situation des migrants, l'Arcom adresse une mise en garde

Ecrit par J.D. – le jeudi 13 février 2025 à 11H33

L'Arcom, Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, garante de la liberté de communication, a adressé une « mise en garde » à la chaîne privée mahoraise Kwezi TV pour plusieurs émissions portant sur la situation des migrants se trouvant dans le camp de Cavani.

L'information a été révélée par le Tangue. À l'antenne de Kwezi TV, télévision mahoraise, les débats entre la présentatrice de l'émission "Temps de parole" et un porte-parole, riverain du camp de Cavani, ont par moments dérivé vers des propos haineux et xénophobes.

« Pourquoi avez-vous peur ? », demande la présentatrice. À cette question, le porte-parole répond que les migrants somaliens se « ressemblent tous. Ce sont les Daltons », explique-t-il avant de poursuivre un peu plus loin : « avec un visage qui fait peur. Ils rentrent à Mayotte, on ne sait pas s'ils sont gentils. Ils viennent ici, on ne sait pas si ce sont des terroristes ou des violeurs. » En face, on acquiesce, sans remettre en cause les propos.

Comportements discriminatoires, incitation à la haine, violence fondée sur des motifs raciaux ou ethniques

Même si un peu plus loin dans la conversation, une once de lucidité apparaît sur cette population venue de Somalie et qui a fui la guerre : « Ce ne sont pas des animaux, ce sont des êtres humains aussi. État, élus locaux doivent se réunir pour trouver une solution. » Très vite, des propos désobligeants reprennent jusqu'à franchir le Rubicon : « Les Mahorais en ont marre. Appel à la population à venir. On va faire un choix et les conséquences après... Rien n'est exclu. Nous sommes nombreux et on n'a pas peur de se battre... »

Pour toutes ces petites phrases tenues lors de trois émissions, Kwezi TV écope d'une mise en garde : « Elle a considéré que les propos en cause pouvaient s’analyser en un encouragement à des comportements discriminatoires et une incitation à la haine ou à la violence fondée sur des motifs raciaux ou ethniques. Par ailleurs, elle a relevé que les interventions de la présentatrice n’avaient pas permis d’assurer la maîtrise de l’antenne. En conséquence, l’Autorité a estimé que ces séquences méconnaissaient les obligations inscrites à l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986, ainsi qu’aux articles 2-3-2 et 2-2-1 de la convention de la chaîne, et a mis en garde l’éditeur du service contre le renouvellement de tels manquements », peut-on lire dans sa décision.

Il faut savoir que l'Arcom dispose de plusieurs types de sanctions. Après un signalement des téléspectateurs, le régulateur peut agir de manière graduée : un simple avertissement, une mise en garde, suivie éventuellement d’une mise en demeure et enfin d’une sanction pécuniaire.

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