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Juliette Caranta-Pavard: Lettre posthume à Charb...

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 4 mars 2015 à 09H27

*Je ne suis pas "Charlie" ; je suis une femme libre, peu encline à se laisser dicter sa conduite ; prête, tout au long de sa longue vie, à toujours payer le prix fort pour garder - au moins - cette liberté de dire…

*Je me garde d’ajouter à tout ce qui a pu se dire et s’écrire sur cette hypocrite "Liberté d’expression". Je me contente de mettre en pratique la mienne, à mes risques et périls. Avérés !

*Sur la violence extrême qui vous a été appliquée, je dirai simplement - comme tant d’autres - que je "la condamne fermement" ; d’autant plus facilement que nous avons, nous, ICI à La Réunion, notre content de sang fraîchement versé…

*Je reviens vers vous, après notre entretien téléphonique du 26 octobre 2009, lors de votre séjour réunionnais, où vous étiez venu – sur invitation de la Région - apporter votre contribution à la "Fête des Écritures Sociales : Koler Zordi". Je vous ai appelé sur votre portable : vous m’avez écoutée avec gentillesse et courtoisie, invitée à vos conférences et terminé en me souhaitant "bon courage"… Dans la foulée, je vous ai adressé, par fax, à votre hôtel, quelques documents susceptibles de réveiller l’appétit professionnel du journaliste que vous sembliez être – même si je m’étais déjà cassé le nez en 2007 avec "Charlie", après un "lancement d’alerte", adressé par fax à votre prédécesseur, Philippe Val…

Forte de savoir que lors d’un de vos séjours sur l’île (Vous étiez venu spécialement, fin 1994- début 1995, pour protéger le théâtre Vollard et défendre ainsi la "Liberté d’expression" - Soucieux – aussi… – de vous en prendre à "la situation générale de La Réunion", à "la corruption et la censure" qui y régnaient et publiant dans "Charlie", avec votre confrère Riss, plusieurs articles, allant jusqu’à inviter le Monde entier en ces termes : "La Réunion ? Allez-y pour faire la révolution !" - [Article sur "Charlie Hebdo" du 11 janvier 1995 – signé Charb et Riss…]) vous vous étiez signalé comme un vrai petit soldat, prêt à venir au secours de ce malheureux pays, il est clair que j’attendais de vous autre chose que des grâces !

*Chacun devrait savoir qu’ICI, à La Réunion, nous n’avons pas de Kalach en face de nous : seulement la paralysante Peur-peï et l’opportunisme-Peï de "gamelle", bien suffisants à maintenir en l’état l’"île-silence" - avec l’appui unanime de votre corporation…

*Alors, Charb, comment, pourquoi avez-vous pu défier la mort par Kalachnikov à Paris et craint une simple désapprobation, ICI, à La Réunion ?? – Même s’il est trop tard pour la réponse, la question mérite d’être posée, non ?

 

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