"Je n’ai pas voulu tirer sur lui mais sur la roue" : un an de bracelet électronique pour avoir tiré sur un ado à moto à Montgaillard

Excédé par le bruit d’un moto-cross, ce Dionysien de 18 ans s’était saisi d’une carabine à plombs pour tirer en direction du deux-roues, touchant son conducteur âgé de 14 ans au niveau du dos. Il a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis probatoire.
« Je suis désolé. Je n’ai pas pensé aux conséquences ». C’est un tout jeune majeur qui vient s’excuser penaudement à la barre des comparutions immédiates, après deux jours passés en détention provisoire. Jugé lundi 16 mars pour des violences volontaires avec arme, le Dionysien de 18 ans reconnaît les faits, mais a du mal à les expliquer.
Jeudi 12 mars, en plein après-midi, les policiers de la BAC sont appelés sur la route de Montgaillard à Saint-Denis, où un adolescent de 14 ans qui circulait sur un moto-cross vient d’être touché par un projectile tiré par arme à feu. Un plomb, qui va se loger dans la cage thoracique du garçon, à quelques millimètres du poumon.
"Il m’arrive de tirer sur des lézards"
Tandis que la victime est évacuée vers l’hôpital, l’auteur du tir est rapidement identifié comme un habitant du quartier, qui a fait feu depuis sa fenêtre à l’aide d’une carabine à plombs. Une arme qu’il a empruntée à son père, ancien chasseur qui en conserve plusieurs à son domicile.
« Vous avez l’habitude de vous en servir ? », questionne le président Bernard Molié. « Il m’arrive de tirer sur des lézards ou des oiseaux quand je m’ennuie » répond le jeune homme, qui travaille dans les espaces verts et vit toujours chez ses parents.
"Il faisait exprès de faire du bruit"
« Donc vous avez changé de catégorie et décidé de tirer sur les gens ? », reprend le magistrat. « J’ai pas voulu tirer sur lui mais sur la roue. Il s’était mis en bas de chez moi et faisait exprès d’accélérer pour faire du bruit », justifie le prévenu.
« Il est inacceptable de se faire tirer dessus de la sorte. Mon client n’est pas un délinquant, c’est un collégien qui était en vacances et qui venait de réparer sa moto en panne depuis six mois. Il était simplement en train de circuler, pas de faire du tapage », plaide Me Estelle Chassard pour la partie civile.
"C’est le far-west"
« Est-ce qu’il joue trop aux jeux vidéo ? On a du mal à comprendre son attitude. C’est le far-west », s’inquiète la procureure, soulignant « la faible remise en question » du prévenu. Et de requérir une peine de quatre ans de prison dont un an avec sursis probatoire.
« Il n’a jamais eu affaire à la justice, et ces deux nuits en prison l’ont fait réfléchir », assure Me Catherine Moissonnier en défense. « Il faut comprendre qu’il était agacé, car ce jeune est réputé pour faire régulièrement du bruit avec sa moto dans le quartier ».
"Réaction stupide"
« Mon client, lui, il travaille de 7h à 12h30 et il essaye de faire la sieste », développe l’avocate, reconnaissant « une réaction stupide » mais ne valant pas la peine « excessive » requise par le parquet. « C’était un plomb, pas une balle », rappelle-t-elle en demandant la clémence du tribunal.
Après délibéré, les juges vont condamner le tireur à trois ans de prison dont deux avec sursis probatoire. En aménageant toutefois la partie ferme de la peine avec un placement sous bracelet électronique compte tenu du jeune âge du prévenu et l’absence d’antécédents judiciaires.
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