"Je me battrai pour que mon innocence soit reconnue" : Théophane Narayanin fait appel

Condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mamoudzou ce mardi pour avoir commandité l’agression d’une avocate en 2015, Théophane Narayanin annonce qu’il fait appel de ce jugement. Dans un communiqué, l’homme d’affaires conteste fermement les faits et affirme vouloir se battre pour faire reconnaître son innocence.
Reconnu coupable dix ans après les faits, Théophane Narayanin, dit « Guito », ne compte pas en rester là. Quelques heures après l’annonce de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, le patron d’IBS fait savoir, par voie de communiqué, qu’il va interjeter appel de la décision rendue à son encontre.
Lire aussi : Guet-apens contre une avocate à Mayotte : le tribunal condamne Théophane Narayanin à cinq ans de prison ferme
Ce mardi, la juridiction mahoraise l’a condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt différé, à 75.000 euros d’amende et à une interdiction d’exercer toute profession commerciale pendant quinze ans. Il a été reconnu coupable d’avoir commandité l’agression d’une avocate en septembre 2015 à Mamoudzou.
Une condamnation jugée « extrêmement sévère »
Dans son communiqué, Théophane Narayanin indique avoir « pris connaissance de la décision prise à mon encontre, plus de dix ans après les faits ». Il estime que le tribunal a prononcé « des peines extrêmement sévères » et réaffirme contester « avec force, comme j'ai toujours fait, être coupable des faits qui me sont reprochés ».
L’homme d’affaires annonce par conséquent qu’il va « faire immédiatement appel de cette décision » et se dit déterminé à se battre devant la cour d’appel « pour que mon innocence soit reconnue ». Il précise également qu’il continuera à se présenter « à toute convocation qui me sera transmise ».
Une affaire judiciaire vieille de dix ans
Les faits remontent à septembre 2015. À l’époque, une avocate avait été agressée à Mamoudzou dans ce que la justice a qualifié de guet-apens. La cible initiale était Me Sylvie Sevin, impliquée dans un dossier sensible lié aux carrières Dachery, mais c’est l’une de ses consœurs qui avait été prise pour cible par erreur.
Lire aussi : Un ancien élu de Mayotte meurt après une agression
Présenté par l’accusation comme le « donneur d’ordre » de cette expédition punitive, Théophane Narayanin n’était pas le seul prévenu dans ce dossier. Quatre autres hommes étaient également jugés pour leur participation aux faits.
Un dossier étayé par les enquêteurs
Lors de l’audience du 10 décembre, le procureur avait insisté sur l’existence d’éléments « graves et concordants » établissant, selon l’accusation, le rôle central de Narayanin dans l’organisation de l’agression. La thèse d’un simple soutien financier « par humanité », avancée par le chef d’entreprise, n’avait pas convaincu la juridiction.
Les enquêteurs ont notamment mis en lumière un système de pressions et de paiements destinés à acheter le silence des membres du commando, pour un montant inférieur aux 250.000 euros initialement réclamés. Des écoutes téléphoniques, des séjours offerts et l’usage de téléphones clandestins avaient également été versés au dossier.
Un appel sans effet suspensif sur l’incarcération
Si Théophane Narayanin a contesté le jugement, la décision de première instance ne sera pas suspendue par l’appel, ont précisé les magistrats. Concrètement, cela signifie que l’homme d’affaires ira en prison, mais pas immédiatement : les juges devront lui notifier ultérieurement la date de son incarcération.
En attendant, le principal intéressé entend désormais porter le combat judiciaire devant la Cour d’appel, avec l’objectif affiché de faire reconnaître son innocence.


