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J'ai honte pour mon pays...

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 28 août 2013 à 18H23

Le 30 juillet dernier, encore une fois, j’ai pu lire sur un site d’information bien connu, un article sur le feuilleton "ARAST". Encore, une fois, le journaliste indiquait que l’ensemble des licenciés avait été dédommagé. Or, cette information est erronée !!!!

Les 3 ans de cette liquidation sont révolus et toujours zéro cents d’indemnités légales de licenciement de perçu pour cinq licenciés déboutés par le Conseil des Prud’hommes de Saint-Pierre en 2012… Ceci est SCANDALEUX.

Sur le fond : C’est une vrai HONTE. Honte pour la justice. Honte pour nos politiques qui ferment les yeux malgré les divers courriers qui leurs ont été adressés. Honte pour l'AGS. Honte pour ma Réunion que j’aime tant. Honte pour mon pays.

- Honte qu’il faille saisir un juge ou faire une manifestation pour percevoir des indemnités "légales" normalement dues.
- Honte de permettre un traitement différencié entre les salariés d’une même association alors qu’ils ont tous contribué dans la même proportion et avec les mêmes convictions à la réalisation de leur tâche.
- Honte que ce traitement soit affligé à des personnes qui ont exercé dans un milieu de solidarité humaine et sociale et qui ont accompagné du mieux qu’ils pouvaient les personnes fragiles.
- Honte qu’en dépit du fait que le défenseur des droits de l’homme avait assuré se battre pour l’ensemble des salariés, tous égaux en droit, ceux-là soient oubliés sous prétexte qu’une décision de justice, contestée, les avait débouté de leur action.
- Honte de détruire ainsi les fondements même de la société du pays des droits de l’homme et des salariés.

Les raisons de cette HONTE sont multiples …

Mais la véritable raison de MA HONTE se résume ainsi.

C’est l’histoire d’une femme qui a commencé à travailler dès 12 ans en tant que « bonne » au noir à l’époque. En 1978, elle intègre l'ARFUTS, devenue ARAST en 2003. En 2009, son salaire mensuel est de 1800 €. En 2010, ses indemnités de chômage sont de 1300 €, En 2013, elle touche 477 € d'ASS.

A 58 ans, cette femme a perdu 75 % de son pouvoir d’achat mais ses charges n'ont pas baissés. Elle a suffisament de trimestres validés pour partir à la retraite mais pas assez de trimestres cotisés et pas l'age légal.

Cette femme a élevé, seule, cinq enfants. Toute sa vie, elle s’est levée à 4H30 pour nourrir sa famille (enfants, frères, …). Elle leur a donné le goût de se battre. À sa manière et avec ses moyens, elle a contribué au développement de notre société.

Cette femme, c’est une Créole de l’époque où l’on avait des valeurs. Elle ne mendie pas, ne quémande pas, ne supplie pas. Elle croit en son pays.

Cette femme, c’est ma mère et je suis fière d’elle.

Mais j’ai HONTE. J’ai honte parce qu’aujourd’hui, elle me demande, à moi sa fille, les raisons de cette injustice et me demande de l’aider à trouver une solution. Elle me le demande à moi, parce qu’elle m’a transmise des valeurs et qu’elle m’a donné les moyens de faire des études supérieures et que selon sa vision, les choses ne peuvent être que blanches ou noirs. Alors, elle ne comprend pas, cette nuance de gris foncée… Aussi, j’ai HONTE car je suis impuissante et après 3 ans, je fini par baisser les bras…

Mesdames, Messieurs, représentant des AGS, politiciens, mandataires judiciaires, juges, médiateurs, avocats... Grands Hommes de ce petit département, chamaillez-vous, battez-vous, étripez-vous... pour une justice, une parcelle de pouvoir, un intérêt financier…  Faites ce que bon vous semble pour trouver des solutions… Mais de grâce, ne le faite pas au détriment des petites gens !!! De grâce !!!

Sur la forme : Journalistes, vérifiez vos sources avant d’affirmer un fait. La vérité n’en sera que mieux préservée et cela ne pourra que contribuer à faire avancer le débat.

Pour tout vous dire, ces femmes se battent depuis 3 ans pour un montant total de 47 225 €  après une ancienneté moyenne de 22 ans. Je ne vous rappellerai pas les montants déjà versés car ce serait indécent. Mais il est aisé de mettre en avant la catégorie socio-professionnelle dont relèvent ces femmes et leur discrétion pour justifier le manque de considération que les grands hommes ont aujourd’hui à leur encontre.  

Il nous est de plus en plus difficile de croire qu’il existe, dans cette société, une justice pour les pauvres, les gens sans influence… Alors surprenez-nous !!!

M POTHIN

 

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