Revenir à la rubrique : Faits divers

Ivre, il tue un cycliste sur la 4 voies : Deux ans de prison

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 18 mai 2018 à 15H18

 Jimmy Touneji était un grand sportif. À 34 ans, ce vice-président du Club d’athlétisme de Sainte-Suzanne se préparait pour le Grand Raid, le 3 juillet 2015, à vélo sur la 4x4 voies de Saint-Paul. Mais alors qu’il circule sur la bande d’arrêt d’urgence à 4h28 du matin, il est percuté par une Clio. Il décède sur le coup.
 
Willy Sincère, 26 ans, comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Champ Fleuri. Au volant de la Clio qui a percuté la victime ce matin-là, il sortait de boîte, de Saint-Denis, ivre. Alors qu’il entretient une conversation via SMS avec une conquête de la soirée, il sent le choc et s’arrête quelques instants plus tard. Il sort de sa voiture, mais "ne voit rien". Le voilà donc qui repart, sans alerter les secours. "Je n’avais plus de crédit", explique-t-il. S’il est possible qu’il ne sache pas que les numéros de secours sont gratuits, il aurait tout de même pu alerter quelqu’un par SMS. Mais non, il poursuit sa conversation, reprend la route, le pare-choc, pare-brise et capot très endommagés.
 
S’il reconnaît avoir été à l’origine de la mort de Jimmy Touneji, il maintient néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un délit de fuite, vu qu’il ne savait pas ce qu’il avait percuté. Certes, il faisait nuit et il y a un doute quant au port de gilet de la victime qui circulait illégalement sur la 4x4 voies. De plus, les témoins qui se sont arrêtés pour porter secours à la victime – avec phares et warnings - sont peut-être arrivés après que Willy Sincère soit reparti.
 
Mais certains éléments qui ne jouent pas en sa faveur : un mensonge et plusieurs… maladresses. Il serait ensuite rentré chez lui à Saint-Gilles, se serait changé et serait parti faire un jogging à l’Hermitage. Une déclaration qui s’avère être fausse. Pourquoi ? "J’étais persuadé de l’avoir fait". Bon.
 
"Quelqu’un a cassé mon pare-brise"
 
Et il y a cet échange avec sa conquête de boîte de nuit : il décide ne plus la retrouver, comme ce qui était pourtant prévu – "car même un enfant de 12 ans aurait compris, au vu de l’état de la voiture, qu’il avait percuté quelqu’un" précise l’avocat de la partie civile, Me Yannick Mardenalom – et lui écrit "quelqu’un a cassé mon pare-brise"… et non "quelque chose". Pour le président du tribunal, Bruno Karl, ce n’est pas bon signe.
 
Et il y a ce deuxième accident : après le premier, il déclare s’être pris un poteau. En effet, l’expertise reconnaît un deuxième choc mais il semblerait que le prévenu ait cogné l’avant, puis l’arrière… Comme fait exprès pour cacher le premier accident. Mais non, son avocat et lui maintiennent cette version de poteau percuté de côté et le contrebraquage intuitif qui a engendré le coup à l’arrière.
 
"Il n’a de sincère que le nom"
 
Willy Sincère part ensuite à la première heure déclarer l’accident auprès de son assurance puis vague à ses occupations. Ce n’est que suite à un appel à témoins qu’il est interpellé, vers midi, avec 0,36 g d’alcool par litre de sang, au volant d’un autre véhicule.
 
"J’ai pris beaucoup de temps pour prendre conscience. J’ai fait un accident qui a entraîné la mort d’une personne ; il n’y a pas un jour où ce n’est pas dans ma tête. Je suis là pour expliquer et assumer. En aucun cas j’ai voulu fuir. Je ne pensais pas avoir percuté quelqu’un", déclare-t-il.
 
L’avocat des proches de la victime rappelle ainsi les faux pas de Willy Sincère – "qui n’a de sincère que le nom" - et ajoute la présence de sang sur le pare-choc, le pare-brise et la plaque d’immatriculation… "Je n’ai pas remarqué". Ce jeune homme sans histoires, employé d’un cabinet d’experts comptables, a finalement été condamné à 2 ans de prison, l’annulation de son permis de conduire et l’interdiction de repasser son permis pendant 3 ans.
 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :