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ISDU : Daniel Alamélou rétablit “quelques vérités”

Ecrit par N.P. – le mardi 11 novembre 2025 à 14H51
"Il est regrettable qu’un projet d’intérêt général et d’utilité publique fasse l’objet d’une récupération politicienne de tous bords", dénonce le président du SYDNE (photo D.R).

Après avoir répondu sur sa page personnelle, c’est par un communiqué que le président du SYDNE (Syndicat de traitement des Déchets du Nord et de l’Est de La Réunion), Daniel Alamélou, a décidé de réagir et de répondre aux détracteurs du projet d’installation de stockage de déchets ultimes non dangereux (ISDU), prévu à Beaufond, à Sainte-Marie, au lendemain d’une conférence de presse organisée par la FDSEA en présence notamment du maire de Sainte-Marie et de la vice-présidente de La Région, Céline Sitouze.

Le communiqué :


En termes de bilan du traitement des déchets ménagers, le syndicat du Nord/Est de La Réunion gère plus de 214 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA), dont 41 % font l’objet d’une valorisation matière et organique.
Aujourd’hui, 59 % de nos déchets sont enfouis sur le site de stockage de SUEZ à Sainte-Suzanne. En activité depuis près de 30 ans, ce site arrive en fin de vie en 2028.

Face à l’urgence de la situation, le SYDNE et ses membres (CINOR et CIREST) ont fait le choix de mobiliser leurs efforts dans la prévention et la réduction des déchets à la source, de développer les filières de valorisation, pour réduire au maximum la fraction ultime à enfouir.

Dès l’an prochain, avec la mise en service de la chaudière à CSR (combustible solide de récupération) d’ALBIOMA à Saint-André, le SYDNE sera en capacité de valoriser énergétiquement plus de 70 000 tonnes de CSR produits à base de déchets ménagers. Ce qui permettra de diviser par deux la part de déchets à enfouir.

Lire aussi : Centre de stockage de déchets à Sainte-Marie : 20 hectares de terres cannières menacées, selon la FDSEA et la famille Barau

En outre, la collecte séparative de biodéchets par la CINOR et la CIREST, en 2027, permettra d’extraire la fraction fermentescible et de la valoriser.
Le gisement restant de déchets ultimes devrait ainsi être constitué de déchets inertes non dangereux.

Les camions de collecte de la CINOR et de la CIREST, d’ordures ménagères et des encombrants, continueront à venir à Sainte-Suzanne, au centre de valorisation multifilières d’INOVEST, pour être triés et transformés en CSR.
La massification des refus de tri constituera la fraction des déchets ultimes à enfouir et sera transportée par quelques camions étanches et bâchés.

L’ISDU est le dernier maillon d’une chaîne de traitement réfléchie et aboutie.

Malgré l’urgence à trouver un site, le SYDNE a pris le temps de revoir et de réaliser de nouvelles études techniques sur tout le bassin Nord/Est, afin d’identifier de manière objective le site le plus opportun.
Accompagnés par les services de l’État (DEAL, ADEME et ARS), la Région et le Département, le comité de pilotage a pu prendre une décision sur la base d’une étude multicritères (technique, économique et sociale).
Au final, plutôt que d’exproprier 19 familles à Saint-Benoît, le choix s’est porté sur le site de Beaufond à Sainte-Marie, exploité par une seule famille.

Les études complémentaires (géotechnique, hydrologique et faune/flore) ont toutes confirmé la compatibilité du site de 20 ha de Sainte-Marie. Les ravines étant hors périmètre du projet, il n’y aura aucune incidence sur la faune et la flore.

Privilégiant une démarche ouverte et constructive, le SYDNE a pris le temps de rencontrer le Syndicat du sucre et d’étudier les friches recensées comme possible alternative.
Après examen minutieux de chaque terrain, le SYDNE a expliqué et argumenté, par courrier officiel, les motifs pour lesquels ces friches ne pouvaient être retenues.

Les échanges avec le propriétaire ont porté sur la bonne réalisation des études complémentaires. Puis, en août dernier, ces discussions ont permis d’aboutir à une proposition d’acquisition amiable, formulée par le SYDNE, sur la base des estimations faites par France Domaine et la SAFER.
Le propriétaire, estimant le prix trop bas, n’a pas daigné revenir vers nous avec une contre-proposition.

Lire aussi : Le SYDNE modernise ses infrastructures et défend le projet d'ISDU

Prenant acte de cette fin de non-recevoir, le SYDNE, en responsabilité, a déposé une demande de déclaration de projet d’intérêt général (PIG) auprès du préfet, fin septembre.

En décembre, le SYDNE délibérera à nouveau pour demander au préfet l’ouverture de l’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP), qui lance la procédure d’expropriation des 20 ha identifiés pour l’implantation de l’ISDU.

Il est regrettable qu’un projet d’intérêt général et d’utilité publique fasse l’objet d’une récupération politicienne de tous bords, qui ne trompe personne.
Il y a urgence et nous devons tous agir en responsabilité.

Daniel ALAMELOU,
Président du SYDNE

Etiquettes : Daniel Alamélou | Déchets | SYDNE

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