Inflation record et baisse du rial : l’Iran secoué par de nouvelles protestations

L’inflation record et la chute historique du rial déclenchent en Iran les plus importantes manifestations depuis 2022, avec l’implication des universités.
Depuis dimanche, l’Iran est secoué par une vague de manifestations qui dépasse désormais les seuls commerçants pour toucher les étudiants. Partie d’une mobilisation contre la vie chère et l’hyperinflation, cette colère traduit une accumulation de revendications économiques et politiques.
Les commerçants iraniens protestent contre une inflation galopante qui dépasse les 50 % et la chute accélérée de la valeur du rial. Selon le taux informel du marché noir, la monnaie nationale a atteint dimanche 28 décembre un niveau historique : plus de 1,4 million de rials pour un dollar et 1,7 million pour un euro.
Les étudiants rejoignent le mouvement
Ces manifestations sont les plus importantes depuis 2022, année marquée par les protestations suite à la mort de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée pour mauvais respect du voile.
Mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement, amplifiant la mobilisation contre la dégradation de la situation économique. Face à cette crise, le président Pezeshkian a appelé au dialogue, jugeant "légitimes" les revendications des manifestants.
Une économie fragilisée et des perspectives inquiétantes
L’économie iranienne, déjà affaiblie par des décennies de sanctions occidentales, pâtit depuis le rétablissement fin septembre par l’ONU des sanctions internationales levées il y a dix ans, en lien avec le programme nucléaire. Les négociations avec les États-Unis restent au point mort et les conséquences des 12 jours de guerre en juin contre Israël pèsent sur la conjoncture.
Pour 2026, le gouvernement prévoit une inflation encore plus forte, alors que la hausse des salaires sera limitée à seulement 20 %, accentuant les inquiétudes des populations déjà touchées par la flambée des prix.


