Incendie de Crans-Montana : le propriétaire du bar placé en détention provisoire pour trois mois

Un nouveau cap judiciaire a été franchi dans l’enquête sur l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du Nouvel An à Crans-Montana. Lundi, le Tribunal des mesures de contrainte du canton du Valais a ordonné le placement en détention provisoire, pour une durée initiale de trois mois, de Jacques Moretti, co-propriétaire du bar ravagé par les flammes. La décision intervient après plus de six heures d’audition devant le ministère public.
Cette mesure fait suite à la demande formulée vendredi par le parquet valaisan, dans le cadre de l’instruction ouverte après le drame qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés. Le couple qui exploitait l’établissement, Jacques Moretti et son épouse Jessica Moretti, est soupçonné d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. Si Jessica Moretti est ressortie libre à l’issue de l’audition, son mari a été placé sous écrou.
Lire aussi : Incendie meurtrier à Crans-Montana : le bilan définitif fait état de 40 victimes
Au cœur des investigations figurent des dispositifs festifs utilisés lors du service, en particulier des bougies dites « scintillantes ». Selon les premiers éléments, l’une d’elles aurait pu entrer en contact avec une mousse insonorisante fixée au plafond du sous-sol, déclenchant l’incendie. Les enquêteurs s’intéressent également à la présence et à l’accessibilité des extincteurs, ainsi qu’à la conformité des issues de secours.
Entendus par les autorités, les exploitants ont contesté toute imprudence délibérée. « Nous utilisons systématiquement ces bougies quand nous servons une bouteille en salle », a expliqué Jessica Moretti. De son côté, Jacques Moretti a assuré qu’il n’y avait « jamais eu de souci » en dix ans, tout en reconnaissant qu’il n’était « pas impossible » que ces dispositifs aient joué un rôle, évoquant toutefois l’hypothèse d’un autre facteur aggravant.
La nature exacte de la mousse acoustique installée au plafond fait aussi l’objet d’analyses. Jacques Moretti a indiqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et posée lui-même lors de travaux réalisés après le rachat du bar en 2015.
Dans ce dossier, les responsabilités institutionnelles sont également scrutées. La commune a reconnu début janvier un défaut dans les contrôles de sécurité incendie. Le président du conseil communal, Nicolas Féraud, a admis que les visites périodiques obligatoires n’avaient pas été effectuées entre 2020 et 2025, alors que la réglementation impose des inspections annuelles dans les établissements recevant du public. L’enquête se poursuit pour établir l’enchaînement précis des faits et les responsabilités de chacun.


