Il menace de mort un postier à Mayotte et se fait condamner à La Réunion

Les passants s’interposent et l’agresseur s’enfuit. Les témoins vont identifier le trentenaire et donner son surnom aux gendarmes. Le directeur de la poste confirme qu’il traîne souvent aux abords de l’établissement.
Pour les besoins de l’enquête, une expertise psychiatrique est demandée. C’est à ce moment-là que les autorités judiciaires de Mayotte vont réaliser que l’homme est en prison à La Réunion. Il a été interpellé pour des faits de violences l’année dernière et doit être jugé pour cela dans l’année.
Des débats difficiles
Arrivé à la barre du tribunal, il semble déjà connaître les lieux et les personnes. "Tu le sais Madame que j’entends mal", rappelle-t-il à la présidente du tribunal. En plus de ses problèmes d’audition, ses difficultés en français ont rendu les débats complexes, d’autant plus qu’il n’était assisté d’aucun avocat.
Sa détention a permis de réaliser l’expertise psychiatrique qui a décelé un intellect faible, mais normal. Ses problèmes viennent principalement de sa consommation excessive d’alcool.
Le prévenu va de son côté nier les faits. "Peut-être que c’est quelqu’un d’autre parce que c’est pas moi", assure-t-il. Une attitude qui agace le Parquet. "C’est quelqu’un de violent, ça ressort de ce procès, il nie les faits", souligne la procureure. C’est pourquoi elle requiert une peine de 10 mois de prison avec sursis.
Une réquisition qui a enchanté le prévenu. "Oui, j’aime bien le sursis, ça fait deux ans que je suis en prison. Je regrette vraiment. S’il-vous-plaît, donne a moin du sursis", supplie-t-il la juge avant sa délibération.
Celle-ci va le condamner à 6 mois de prison avec sursis, mais il retourne en détention pour l’affaire en cours. Un retour en maison d’arrêt que le prévenu a du mal à comprendre. "Donne a moin du sursis", demande-t-il encore avant d’être renvoyé en prison.


