Il l'étrangle et la gifle : "Elle n'est pas faite pour moi"

Malgré les éléments en sa défaveur, Eddy D., la trentaine, jure que les violences qui lui sont reprochées n'étaient "qu'une simple bousculade". Pourtant, du côté de la partie accusatrice, trois scènes se sont succédé, la dernière nécessitant l'intervention de la soeur et du beau-frère pour sortir la victime de là. Le parquet décrit une situation de contrôle de monsieur sur madame, celle-ci étant présentée comme vulnérable, sans aucune solution d'hébergement au cas où elle voudrait se séparer. Et c'est bien ce qui aurait déclenché la colère d'Eddy D. entre le 8 et le 10 mai dernier : la menace d'une séparation.
Le prévenu, déjà condamné en 2021 dans une situation similaire, aurait du effectuer un stage de sensibilisation aux violences dans le couple. "Il a écopé de 1500 euros d'amende pour ne pas avoir suivi de stage en 2023. Et il ne l'a toujours pas suivi à ce jour", tance la représentante de la société.
Malgré une interdiction de contact, Eddy D. n'a pas hésité à retrouver sa compagne qu'il qualifie de "mauvaise mère incapable de s'occuper de leurs deux marmailles". Interrogé sur ses actes, le mis en cause explique avec une mauvaise foi qui frise la bêtise "ne pas avoir respecté l'interdiction sans le vouloir". Coincée dans leur voiture, la victime a subi des étranglements et reçu une volée de claques devant les enfants estomaqués. "Elle est pas faite pour moi", analyse le trentenaire en récidive face à un tribunal décontenancé.
La défense charge la victime, "une mauvaise mère"
Les magistrats ont considéré que l'intéressé avait reconnu les faits dans une lettre écrite du fond de sa cellule pendant sa détention provisoire. "Je demande pardon et je veux rester libre", plaide Eddy D. pour sa défense. Pour enfoncer le clou, son avocat, Me Louis Ropars, charge la victime devenue mère à 16 ans et une nouvelle fois à 17 ans en précisant à l'attention du tribunal qu'elle se trouve sous assistance éducative. La belle famille présente dans la salle acquiesce et en rajoute. "Elle a retiré sa plainte pendant que monsieur était en garde à vue, embraye l'avocate de la partie civile, Me Valérie Yen Pon. Elle ne veut pas que les enfants soient privés de lui car c'est un bon père", renchérit le conseil. Mais il n'a pas échappé au tribunal que lors du retrait de sa plainte la victime était accompagnée de sa belle-mère.
Eddy D. a quitté le prétoire tel un héros, preuve qu'il n'a peut-être toujours pas tiré les leçons de ses passages à Champ-Fleuri. Il a cependant 10 mois, auxquels s'ajoutent 6 mois de révocation d'un précédent sursis, pour réfléchir entre les murs de sa cellule de Domenjod.
Vous avez besoin d'aide ? Voici les moyens à votre disposition :
- Déposez plainte dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie
- Contactez un policier ou un gendarme de la plateforme numérique d’accompagnement des victimes.
- Appelez le 3919 - Violences femmes info
- Contactez le 114 - Envoi d'un SMS en cas de difficulté à parler ou entendre.
- Appelez le 3977 – Maltraitances des personnes âgées/majeures en situation de handicap.
- Contactez un service d'accès au droit.
- Contactez les dispositifs d'aide et d'accompagnement des victimes via le document à télécharger ci-dessous :
Les numéros utiles dans la lutte contre les violences conjugales de La Réunion (974)Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide
Vous êtes témoins ?Agir peut tout changer. Les ressources utiles ici.


