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Il échappe de peu à la prison pour deux mégots de cigarettes jetés au Cap La Houssaye

Ecrit par L.C – le dimanche 17 mai 2026 à 07H02

Un homme d'une soixantaine d'années a été jugé en comparution immédiate le 11 mai pour avoir provoqué deux incendies au Cap La Houssaye.

Mercredi 6 mai, une femme circule au niveau du Cap La Houssaye. Son regard est attiré par une épaisse fumée qui se forme dans ce lieu connu pour accueillir promeneurs, sportifs et plongeurs.

Près de ce qui semble être un départ de feu, elle voit un gramoune, tee-shirt noir et linge noué sur la tête. Quelques instants plus tard, elle aperçoit un second feu qui commence à prendre. Identifié par un autre témoin, qui a vu le même gramoune jeter quelque chose dans la brousse, l'individu est interpellé.

Des mégots à l'origine de deux départs de feu

L'homme, âgé de 64 ans, est originaire de Saint-Paul. Longtemps travailleur exemplaire, la perte de son emploi, une séparation avec sa compagne et une expulsion l'ont conduit à la rue. En effet, il souffre d'un problème d'addiction à l'alcool et ne parvenait plus à assumer ses charges locatives.

Ce mercredi 6 mai, date des deux incendies, il entreprend de rallier Saint-Gilles depuis la gare de Saint-Paul, lieu où il passe la plupart de ses nuits. C'est en passant par le Cap La Houssaye, à pied, qu'il jette deux mégots dans la végétation.

Un acte involontaire, mais qui peut avoir des conséquences dramatiques. Rapidement circonscrits, les deux incendies n'ont heureusement causé aucun dégât significatif.

Un casier vierge, un problème évident avec l'alcool

Lors de son audition, le gramoune a d'emblée reconnu les faits. Il confie aux gendarmes avoir un "coup dans le nez" et ne pas avoir conscience du danger. Le ministère public rappelle dans son réquisitoire les nombreux incendies touchant La Réunion, et en particulier le Cap La Houssaye.

Il requiert à son égard une lourde peine : 18 mois de prison dont 9 mois assortis d'un sursis probatoire, avec une obligation de soins. Des réquisitions qui font lever un sourcil à l'avocate de la défense, qui rappelle que son client n'a aucune mention à son casier judiciaire.

La robe noire appuie sa plaidoirie sur le parcours de ce gramoune qui, du jour au lendemain, s'est retrouvé sans abri à cause de son alcoolisme. Son avocate souligne qu'il a lui-même demandé sa détention provisoire dans l'attente de ce procès pour être sûr d'être présent à l'audience. Aujourd'hui sans travail, sans logement et ne touchant que le RSA, elle rappelle que sa place n'est pas en prison.

Des arguments qui ont convaincu le tribunal, qui a condamné le prévenu à une peine de 6 mois avec sursis, estimant qu'il ne constitue pas un danger nécessitant son incarcération immédiate.

Etiquettes : Cap Lahoussaye | Incendie | Tribunal

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