Revenir à la rubrique : Faits divers

Il cale devant les gendarmes avec 3 g/l dans le sang et ses enfants dans la voiture

Un jeune homme de 28 ans comparaissait ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et sans assurance. À bord du véhicule, se trouvaient sa compagne et ses enfants, alors que le taux relevé est proche d'un coma éthylique.
Ecrit par Régis Labrousse – le mercredi 9 octobre 2024 à 05H58

C'est sans doute la faute à pas de chance lorsque Dayan R. cale devant un équipage de la gendarmerie à Sainte-Suzanne. Les militaires constatent qu'il a les yeux rouges, le regard voilé, et décident de le contrôler. Il explique qu'il revient d'un anniversaire en famille. À bord, ses enfants sont à l'arrière de la voiture et sa compagne est devant, avec leur bébé dans les bras. Les gendarmes n'ont encore rien vu. Quand ils lui demandent ce qu'il a bu, il répond avec le sourire : "Il faudrait vraiment que je prenne la procureure pour une conne de dire que je n'ai bu que du jus". En effet, puisqu'il est testé avec un taux de 3,2 g/l d'alcool dans le sang. De plus, le véhicule n'est pas assuré, car il prétend l'avoir "acheté à la va-vite" et atteste que c'est l'ancien propriétaire qui continue de l'assurer. Il finit ce lundi au tribunal, jugé en comparution immédiate.

À la barre, le sourire a disparu et les excuses sont de mises : "Je regrette, j'aurai dû réfléchir ce jour-là", dit-il tout penaud, d'autant que son casier ne plaide pas en sa faveur avec 11 mentions au compteur. Là où le bât blesse, c'est qu'il devait entamer une formation professionnelle le 10 octobre prochain pour devenir conducteur de bus. À sa décharge, il explique au président avoir beaucoup bu en raison d'un drame familial récent. "C'est un comportement totalement irresponsable", fustige en réponse la procureure qui ajoute : "Il n'a pas bu un petit peu, il est à trois grammes. De plus, il ne fait pas le lien entre son comportement et la mise en danger de ses enfants. Seul le sevrage d'un an lui fera avoir plus de clarté", conclut le parquet qui requiert un an de prison, l'annulation du permis pendant un an et le maintien en détention.

"Un an de prison ! Nous ne pouvons envisager quelque chose d'autre", rebondit la défense au regard des réquisitions. "Vous pourriez prononcer une peine mixte avec une partie de sursis probatoire afin qu'il puisse être suivi à sa sortie de détention. Il fait faciliter son insertion", plaide la robe noire. Le tribunal condamne finalement le prévenu à six mois de prison, mais révoque le sursis précédent pour six mois, annule le permis de conduire, prononce le maintien en détention, et lui fait obligation de conduire avec un dispositif anti-démarrage pendant un an après obtention du permis.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :