Huit ans après avoir chuté de son toit, il obtient la condamnation du CHU de Saint-Pierre

Pris en charge par les urgences du CHU de Saint-Pierre en 2018 après sa chute d’un toit, un patient avait été renvoyé chez lui avec deux attelles, l’analyse du scanner n’ayant pas diagnostiqué de fracture des poignets. Deux mois plus tard, une IRM a révélé que ses os scaphoïdes étaient bien cassés.
C’est en raison des fortes douleurs qui persistaient encore deux mois après avoir chuté de son toit que ce patient du CHU de Saint-Pierre s’est décidé à se rendre dans une clinique privée. En novembre 2018, il avait déjà été pris en charge par les urgences de l’établissement public du Sud pour des douleurs au poignet, mais le praticien qui l’avait examiné avait conclu à l’absence de fractures à la lecture du scanner.
L’accidenté s'était seulement vu prescrire la pose de deux attelles, ainsi qu’un traitement à base de paracétamol et d‘antidouleurs. Pris de doutes en raison de ses souffrances, il finit par consulter SOS médecins en janvier 2019 qui lui conseille une imagerie par résonance magnétique (IRM) des deux poignets.
Celle-ci, réalisée dans une clinique privée, révèle cette fois une fracture des deux scaphoïdes et conduit à une intervention osseuse de type ostéosynthèse, avec une greffe iliaque pour la reconstruction osseuse.
Une bataille d'expertises pour établir les responsabilités
Par deux procédures en urgence au tribunal administratif, le patient obtient la désignation d’un expert judicaire pour déterminer les responsabilités et les conséquences de son erreur initiale de diagnostic. S’estimant lésé par les conclusions de l’expertise, l’accidenté saisit la commission de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux de La Réunion (CCI), en demandant la désignation d’un nouvel expert, lequel rendra son rapport le 17 février 2023.
Lire aussi : Le CHOR condamné à indemniser un patient 14.000 euros pour un retard de diagnostic du cancer
« Devant de telles douleurs, le service des urgences du CHU de Saint-Pierre aurait dû à tout le moins prescrire des examens complémentaires des scaphoïdes, ce qu’il n’a pas fait. La prise en charge ainsi défaillante du service des urgences constitue une faute de nature à engager la responsabilité du service hospitalier », lit-on dans le rapport de l’expert désigné par la CCI.
Le CHU condamné à payer 6.195 euros au patient
Sur la base de ces conclusions, l’homme aux poignets cassés écrit au CHU de La Réunion en juillet 2023 pour obtenir l’indemnisation des préjudices, réclamant au total 24.691 euros, dont 7.000 euros pour les souffrances subies et 9.020 euros pour la perte de chance de récupération induite, selon lui, par l’absence de détection de ses fractures.
Le courrier étant resté sans réponse de la part du CHU, le patient forme en octobre suivant une requête devant le tribunal administratif pour tenter d'obtenir la réparation qu'il considère comme légitime.
Lire aussi : Une facture impayée depuis deux ans : "Je ne veux plus travailler pour le CHU de La Réunion"
Les douleurs de l’accidenté ayant été évaluées à une note de 3,5 sur 7, le tribunal administratif s’est prononcé, dans une décision datée du 1er juillet dernier, en faveur d’une condamnation du CHU à une indemnisation totale de 6.195 euros pour son patient, au terme d’une procédure qui s'est étirée sur huit longues années.


