Huguette Bello, femme de l’année 2009

“Moi, j’ai un passé, mon adversaire est l’homme du passif”. Cette phrase cinglante de François Mitterrand à Valéry Giscard d’Estaing, lors d’un débat télévisé, a été cité à plusieurs reprises par Huguette Bello lors de la campagne électorale de la municipale partielle de Saint-Paul. C’est bien sûr Alain Bénard qui était visé, souvent sans le nommer.
Huguette Bello n’a cessé de prendre de la hauteur depuis la victoire de sa liste aux municipales 2008, alors que l’opinion publique répétait que son principal rival, Alain Bénard, avait été soutenu par certains caciques du PCR.
L’annulation de son élection au TA en octobre 2008 puis au Conseil d’Etat en août 2009, qui aurait pu marquer le début de la fin de sa carrière politique, a donné une envergure encore plus grande à sa dimension. Huguette Bello (PCR) a mis 6.000 voix entre elle et Alain Bénard (UMP), à Saint-Paul, ville réputée pour être un bastion de la droite.
Un futur à la Région ?
Huguette Bello est aujourd’hui la personnalité politique la plus crédible. Sa participation ou non aux Régionales de 2010, a été longtemps au centre des discussions, sans doute un peu plus au PCR. En effet, les caciques du parti communiste réunionnais redoutent une envie de revanche de la députée-maire de Saint-Paul, peu épargnée par les coups bas surtout venant de son propre parti politique.
“Lors de l’inauguration officielle de la route des Tamarins par le Premier ministre François Fillon, quelqu’un de la Région Réunion a appelé Paris pour que la députée-maire ne fasse pas de discours ce jour-là”, a rappelé un proche d’Huguette Bello. Les projets d’un hippodrome et de la MCUR à Saint-Paul, initiés par le Conseil régional, sont également des sujets de mésentente entre la Région Réunion et la mairie de Saint-Paul.
La position d’Huguette Bello face à celle jugée souvent autocrate de Paul Vergès, n’a cessé de jouer en faveur de la parlementaire. Cette bataille à distance et à fleuret moucheté (uniquement dans la presse), a augmenté le capital sympathie de la députée, aussi bien à gauche qu’à droite, et ce de manière constante depuis trois ou quatre ans.
Aujourd’hui, les deux vrais opposants à Paul Vergès, ce sont Didier Robert, chef de file de la liste d’union de droite, et Huguette Bello, membre du parti communiste réunionnais…
Cette année, Huguette Bello s’est même posée comme la possible successeur de Paul Vergès à la tête du PCR. Et pourquoi pas à la Région Réunion à moyen terme ?


