Hommage d'une petite fille à son papa, le Grand Miko, parti trop tôt...

Trois ans que la petite fille que je suis restée commence ses journées avec les yeux cernés et l’oreiller trempé.
Trois ans que je prie tous les jours et que je demande à réussir à pardonner aux gens qui me disaient : le temps t’aidera à oublier.
Trois ans que lorsque que j'entame une conversation, mes mots disparaissent, que je vis un calvaire pour les retrouver.
Trois ans que les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, sont remplis de regrets.
Trois ans que cette petite fille que j'étais vit dans un labyrinthe par rapport auquel même l’enfer serait un paradis.
Trois ans que les images, les sons, les odeurs se sont décuplés.
Trois ans que que cette petite fille danse seule et regarde l’horizon illuminé.
Trois ans qu'elle regarde le ciel en espérant s'être trompée, qu'elle va bientôt sortir de ce cauchemar et prie pour se réveiller.
Trois ans qu’elle donnerait son âme pour réentendre ses éclats de rires, pour revoir ses yeux, pour réentendre sa voix et être à nouveau vraiment aimée.
Il y a trois ans. Mille quatre-vingt dix jours, vingt-six mille cent soixante heures, quatre-vingt quatorze millions cent soixante seize milles secondes que ses mains ont essayé de le réanimer mais qu'elle n’y est pas arrivée.
Trois ans qu'elle a tout essayé mais que rien n'arrive à la guérir, à lui faire oublier. Une souffrance inexpliquée.
Trois ans qu'elle n’a pas oublié la couleur du bois, l’odeur de l’encens, la beauté des fleurs blanches éternelles et la présence des anges enchantés.
Trois ans que son guerrier s’en est allé.
L P. M


