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Hassan Nasrallah était un assassin qui avait du sang français sur les mains

Je voudrais revenir sur l’élimination de Hassan Nasrallah il y a quelques jours, par l’aviation israélienne. D’abord pour rappeler qui était cet homme, chef incontesté du Hezbollah, autant adoré par certains que détesté par d’autres.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 1 octobre 2024 à 19H04

Adoré car il incarnait aux yeux de nombre de Libanais l’esprit de résistance à Israël. Grâce aux 1,5 milliard de dollars fournis tous les ans par l’Iran, Hassan Nasrallah avait su monter de toutes pièces une organisation qui était à la fois un parti politique qui pratiquait un clientélisme à outrance, distribuant des aides à une partie de la population libanaise, chiite de préférence. Mais aussi et peut-être surtout une organisation militaire redoutable ayant organisé un réseau de tunnels, auprès duquel celui de leurs amis du Hamas passait pour un labyrinthe pour enfants, et qui disposait de plus de 150.000 roquettes et missiles.

Le Hezbollah était le bras armé de l’Iran, une sorte de vitrine destinée à établir un rapport de forces, une façon de dissuader Israël de venir l’attaquer. Et pour parachever l’encerclement de l’état hébreu, l’Iran avait fait de même avec le Hamas donc, mais aussi avec les Houthis au Yémen, et des milices chiites en Irak et en Syrie.

Et il faut avouer que cet équilibre de la terreur a longtemps fonctionné, paralysant le jeu au Moyen Orient et permettant de la sorte à l’Iran de continuer à élargir son influence, à l’abri de ce qu’il croyait être un bouclier protecteur et dissuasif.

En face d’eux un Benjamin Netanyahu aussi fou qu’eux

Cet équilibre a fonctionné jusqu’au jour où le Hamas, il y a presque un an jour pour jour, s’est vu plus gros que le bœuf, et s’est cru assez fort pour attaquer Israël. Selon les bonnes vieilles méthodes des terroristes, ils ne se sont pas contentés de violer, assassiner, massacrer, ils ont aussi pris 116 otages, dont un bébé de quelques mois, pensant s’en servir comme boucliers humains, sachant l’importance que les Israéliens accordent à la vie des leurs.

Ils avaient simplement omis un détail. Ils avaient en face d’eux un Benjamin Netanyahu aussi fou qu’eux, entouré de ministres d’extrême-droite auprès de qui le Premier ministre israélien pourrait passer pour un modéré.

Alors que les pays du monde entier, dont la France, appelaient les Israéliens à la retenue, ces derniers n’avaient qu’une obsession en tête : se venger en éliminant le Hamas. Quitte à massacrer au passage des dizaines de milliers de civils palestiniens et de faire une croix sur les otages.

Voilà comment on passe du statut de victime à celui de génocidaire, même si le terme est totalement inapproprié.

La guerre contre le Hamas a été très difficile, tout simplement parce-que Benjamin Netanyahu avait longtemps intimé l’ordre aux services de renseignement israéliens de se focaliser sur le Hezbollah, beaucoup plus dangereux selon lui que le Hamas. Mais une fois le problème du Hamas résolu, ou quasiment, le Premier ministre israélien et ses ministres ont vu une opportunité de régler dans la foulée celui du Hezbollah.

Ils ont compris que les Etats-Unis, empêtrés dans leurs élections qui se produiront dans un peu plus d’un mois, seraient empêchés d’agir pour leur barrer la route. Mieux, ils étaient persuadés que malgré quelques remontrances de circonstances, pour flatter la partie propalestinienne de leur électorat, Joe Biden et Kamela Harris étaient bien contents de les voir faire le sale boulot et éliminer ces repaires de terroristes que sont le Hamas et le Hezbollah.

Une multitude d'attentats

Il ne faut en effet pas oublier que le Hezbollah a été responsable d’une multitude d’attentats contre les Etats-Unis et la France. En voici une liste non exhaustive, pour ceux qui ont la mémoire courte.

  1. Le 18 avril 1983, un camion piégé a explosé devant l'ambassade américaine de Beyrouth, tuant 63 personnes, dont 17 Américains.
  2. Le 23 octobre 1983, un attentat suicide a été perpétré contre le bâtiment abritant le quartier général des forces américaines de maintien de la paix à Beyrouth. Plus de 240 Marines et membres des forces armées américaines ont été tués.
  3. Un an plus tard, une explosion a visé l'hôtel Park Avenue où logeaient des militaires américains à Beyrouth, entraînant plusieurs victimes.
  4. Et bien que le Hezbollah n'existait pas encore à cette époque, des éléments qui formeront plus tard le Hezbollah ont été impliqués dans l'attentat contre l’ambassade des États-Unis à Téhéran en1979.

Quant à la France, il y eut :

  1. Le 23 octobre 1983, un attentat suicide a été dirigé contre le quartier général de la force française à Beyrouth, tuant 58 parachutistes français. C’est ce qu’on a appelé l’attentat du Drakkar, du nom de la caserne.
  2. Bien que le Hezbollah ait nié toute implication, certains ont soupçonné le groupe d'être derrière plusieurs attaques à la bombe dans le métro parisien en 1995, dont celui du RER B à la station Saint-Michel, qui a fait 8 morts et 117 blessés, et qui a été officiellement revendiqué par le Groupe islamique armé algérien.
  3. Enfin, en 1985, un attentat a été perpétré contre l'ambassade de France à Beyrouth, mais il a également ciblé des soldats français de la Force multinationale de maintien de la paix.

Enfin, comment ne pas évoquer l’assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth en 2005, qui a également causé la mort de 21 autres personnes. Et ceux de plusieurs personnalités et journalistes qui tous avaient en commun d’être en désaccord avec le parti chiite.

J’en aurai fini avec ce sympathique personnage qu’était Hassan Nasrallah quand je vous aurai retranscrit ce qu’il disait concernant les homosexuels. Lors d'une allocution télévisée en juillet 2023, ce n’est pas si vieux que ça, il avait appelé le ministère de l'Éducation à "interdire" cette culture "déviante" en parlant de l’homosexualité et à "protéger les enfants de la génération future". Pour lui, il n'y avait pas de différence entre "célibataire et marié" pour un homosexuel, et que, selon la loi islamique, "même célibataire, il devait être tué". "Il faut les combattre partout, et sans limites", avait-il conclu.

Conseils que Daesh avaient mis en pratique en Syrie et en Irak en jetant des homosexuels du haut de toits d’immeubles.

Voilà le sympathique personnage que LFI et certains abrutis homosexuels d’extrême-gauche vénéraient et glorifiaient dans leurs discours. Comment peut-on à ce point être aveuglé par sa haine d’Israël ?

Lâché par l’Iran

Les forces armées de Tsahal sont entrées cette nuit en territoire libanais au cours d’une opération terrestre. Officiellement pour obtenir par la force l’application de la résolution 1701 de l’ONU adoptée en 2006 qui prévoyait le retrait des forces israéliennes du Liban, lesquelles devaient être remplacées par les forces libanaises et celles de la FINUL. La résolution exigeait également le désarmement de tous les groupes armés, y compris du Hezbollah et leur retrait au sud du fleuve Litani, de façon à créer un corridor d’environ 30km. Le Liban et le Hezbollah s’étaient toujours refusés à l’appliquer. Depuis l’entrée de Tsahal en territoire libanais, le premier ministre libanais Najib Mikati a déclaré que le Liban était prêt à le faire.

On verra ce que décide le Hezbollah. Peut-être se montrera-t-il plus conciliant maintenant que son armée a été décapitée, tous ses dirigeants et ses cadres éliminés. Et surtout, depuis qu’il a été lâché par l’Iran qui a annoncé qu’il n’enverrait pas de troupes le soutenir.

Pas folle la guêpe. Les dirigeants iraniens ont compris, un peu tard, qu’ils étaient à la merci des israéliens et que leurs bunkers enterrés ne les protègeraient pas des bombes anti-bunkers.

Mais surtout que leur armée, dotée notamment d’avions de chasse datant de l’époque du Chah et pour la plupart cloués au sol en l’absence de pièces de rechange américaines, ne tiendraient pas plus de quelques minutes face aux F-35 israéliens.

Les voilà soudainement devenus plus accommodants, prêts à discuter avec tout le monde, y compris avec le "Grand Satan américain".

Aux dernières nouvelles, les Etats-Unis viennent d’annoncer que l’Iran se préparerait à lancer une attaque imminente par missiles balistiques contre Israël. Même si cette attaque ne devait être que symbolique, de façon à ne pas perdre totalement la confiance de ses alliés, il est à craindre que les Israéliens ne se servent de ce prétexte pour résoudre une fois pour toutes, à leur manière, la problématique du nucléaire iranien, avant que le pays ne dispose de suffisamment de matière fissile pour fabriquer des bombes.

N'oublions pas que Benjamin Netanyahou a prévenu qu’il "n’existait pas d’endroit au Moyen-Orient qu’Israël ne puisse atteindre".

Les Israéliens savent que la fenêtre de tir dont ils disposent se refermera dans un mois avec l’élection américaine. J’ai peur qu’ils ne soient tentés d’en profiter.

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