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Handicap à l’école : Les associations restent sur leur faim

Le collectif AVEC a rencontré le cabinet de Luc Chatel, ministre de l'Education nationale pour exposer les problèmes rencontrés par les élèves handicapés. Peu de réponses concrètes ont été apportés, le combat continue.

Ecrit par Melanie Roddier – le mardi 24 novembre 2009 à 08H22

Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale, n’aura sans doute pas beaucoup marqué les esprits lors de sa visite d’un jour à La Réunion. Il faut dire qu’il aura rencontré finalement peu de monde si ce n’est quelques lycéens de Bellepierre. C’est en tout cas ce que pourraient penser les associations d’élèves handicapés qui auraient souhaité qu’il porte une attention particulière à leur problématique…

Il a quelques jours sur notre site, un parent d’enfant handicapé adressait un courrier des lecteurs se demandant si la question du handicap à l’école serait abordée lors de la visite de Luc Chatel. « Cinq ans bientôt, après la loi sur l’égalité des chances et la participation des personnes handicapées, nous entendons toujours le même discours « les choses avancent, prenez patience, l’Etat doit maintenant assumer cette loi, c’est à dire s’assurer de sa mise en œuvre, en donnant les moyens nécessaires et prévus« , s’exclament-il.

Le 9 novembre dernier, le collectif AVEC (Accompagnement à la Vie scolaire à l’Enfance et à la Citoyenneté) a envoyé au ministre de l’Education nationale, au recteur, aux députés, un courrier d’alerte sur les problèmes rencontrés par les élèves handicapés. Vendredi dernier, pendant que le ministre expliquait sa réforme des lycées aux jeunes de Bellepierre, c’est le conseiller technique budgétaire attaché aux DOM/TOM, M.Fuster, qui a reçu une délégation AVEC (un regroupement d’associations de familles) pour une audience.

Une école inadaptée aux enfants handicapés

Malgré la loi de 2005 qui vient renforcer le code de l’éducation, certains enfants se voient privés d’une scolarité adaptée faute d’AVS (Auxiliaires de vie sociale) ou d’aménagements nécessaires à leurs besoins et projets. L’obligation de scolarisation pour l’enfant handicapé est un droit, et le collectif rappelle que l’Etat a déjà été condamné à verser des dommages et intérêts aux familles lors de récents procès…

A la rentrée 2009, 106 enfants n’avaient pas l’AVS auquel ils avaient droit, et sur les 240 AVS embauchés, 31 seraient en fin de contrat. La solution de Luc Chatel : faire porter ces emplois par le monde associatif qui bénéficierait, en échange, d’une subvention de l’État.
Les embauches de ces derniers par des associations, comme le permet un décret du 20 août 2009, est source d’inquiétude à La Réunion où de grosses fédérations associatives comme la FNASEPH et la FGPEP ne sont pas représentées. L’Adapei refuse de prendre en charge ces personnels sans assurance que le financement de leur poste sera pérennisé par l’Etat. « A qui la gestion de ces AVS sera-t-elle confiée ? Pourquoi l’Éducation Nationale se désengage-t-elle de sa mission auprès des enfants handicapés en sous-traitant leur accompagnement scolaire ?« , s’interroge le collectif.

320 contrats aidés à recruter

Sur cette question majeure du manque d’AVS et des postes non renouvelés, le cabinet du ministre a répondu que les 320 postes aidés attribués à La Réunion pourront largement pourvoir à la centaine d’enfants en attente d’AVS. Ces postes pour l’accompagnement scolaire sont attribués au recrutement d’EVS (emploi vie scolaire), contrats aidés de six mois renouvelables 4 fois. Il s’agit maintenant de recruter ces personnes aptes à l’accompagnement.

La liste d’attente en IM-PRO (Institut médico professionnel) est importante :  200 dans l’ouest, 150 dans l’est. Ce manque de places dans le médico social accentue les orientations par défaut et les encombrements à l’école. « On demande trop à l’Education Nationale qui, malgré les avancées en terme de création de classes d’intégration scolaire ou d’unités pédagogiques d’intégration, n’est pas en mesure de pallier ces manques« , rapporte le PV d’audience.

Chaque année c’est le même casse-tête pour les associations qui tirent la sonnette d’alarme sur l’intégration des enfants handicapés à l’école. Pour que les liens rectorat/associations soient meilleurs, le cabinet renvoie vers le poste de conseiller au recteur récemment créé, qui doit répondre aux exigences des associations en matière d’intégration scolaire.

 

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