Grève chez SGM Manutention : 1.150 voitures déroutées vers Maurice et 400 containers en souffrance

En plein rush de fin d’année, la grève chez SGM Manutention désorganise le trafic portuaire. Le roulier Höegh Mercury Hace a été dérouté vers Maurice avec plus de 1.150 véhicules à bord destinés à La Réunion, tandis que 400 containers restent dans l'impossibilité d'être déchargés.
Le roulier Höegh Mercury Hace, attendu dans la nuit du 2 au 3 décembre au Port, n’a jamais pu accoster. Resté trois jours au mouillage, il a fini par lever l’ancre le 6 décembre, direction Port-Louis, où 1.150 véhicules ont été débarqués. Une décision forcée, conséquence directe de la grève en cours à la SGM Manutention, l’un des principaux opérateurs de déchargement ou aconier du port Est. Le navire n’a tout simplement pas pu être pris en charge, les équipes étant en grève depuis plusieurs jours.
Ce blocage intervient dans un contexte particulièrement tendu, à l’approche des fêtes de fin d’année. Décembre est traditionnellement l’un des mois les plus chargés pour l’activité portuaire, entre arrivages de marchandises saisonnières et livraisons pour les commerces et concessions automobiles. “C’est le moment où tout le monde attend ses commandes, et là, plus rien ne bouge”, confie un transitaire. Selon nos informations, près de 400 containers sont également en souffrance, s’ajoutant aux véhicules livrés à Maurice, et non à La Réunion. Deux autres bateaux ont dû différer leurs opérations, et un troisième attend toujours au large.
Des négociations annuelles obligatoires qui patinent
Le mouvement social, lancé dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Interrogé, le secrétaire général de la CGTR Ports et Docks, Wilson Payet, explique :“La convention de branche prévoit une revalorisation de 2 %, mais la direction de SGM Manutention n’en propose que 1,3 %. Les salariés demandent simplement l’application des accords existants.” Une réunion de conciliation s’est déroulée ce lundi à la DEETS, sans qu’aucune solution n’ait encore émergé au moment où nous écrivions ces lignes.
En attendant, le coût du blocage a un impact financier. Chaque navire à l’ancre représente des dizaines de milliers d’euros perdus pour les compagnies maritimes, tandis que les transitaires et importateurs redoutent un engorgement durable. “Les containers s’accumulent, les délais s’allongent et les clients s’impatientent. On est en train d’asphyxier la chaîne logistique. Quand on sait quel est le contexte économique, cela vient rajouter une tension supplémentaire”, alerte un professionnel du secteur.
Un autre roulier est attendu autour du 27 décembre pour reprendre à Maurice les véhicules déroutés et les ramener à La Réunion. Mais d’ici là, le trafic portuaire reste fortement perturbé.


