Grève à l'IRTS : des salariés refusent le passage aux 35 heures

Une quinzaine de salariés de l'Institut régional de travail social (IRTS) a observé un mouvement de grève pour marquer son désaccord avec la direction, laquelle a dénoncé leur actuel accord de 39 heures de travail hebdomadaire.
De mémoire d'anciens de l'IRTS, c'est un événement qui ne se produit que très rarement : ce mardi 3 juin, des salariés de l'association historique de formation de travailleurs sociaux ont observé une matinée de grève à Saint-Benoît, en annonçant qu'ils prolongeraient probablement leur mouvement à l'occasion d'une prochaine réunion de leur conseil d'administration.
À l'appel du syndicat Sud Santé sociaux, une quinzaine d'employés de l'IRTS a dénoncé un « fonctionnement compromis » par diverses dérives de la direction, comme « l’absentéisme non remplacé et le recours à des intervenants externes dont les rémunérations sont réglées plusieurs mois après », « la vétusté criante des locaux, aggravée par le cyclone Garance », « la rupture temporaire de la mutuelle santé en 2024 » ou encore « une pression croissante sur les salarié·es sans accompagnement adapté ».
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Selon le délégué syndical de Sud Santé Sociaux Fabrice Voisin, la direction a dénoncé de manière unilatérale en juin 2024 l'actuel accord sur le temps de travail de 39 heures par semaine, qui accorde 23 jours de RTT et 18 jours de repos trimestriel. En faisant valoir des « difficultés de trésorerie » que rencontrerait l'IRTS, une structure gérée par l'ARFIS OI (Association de recherche et de formation en intervention sociale).
À compter de septembre prochain, la direction envisagerait d'appliquer la convention 66 du secteur de santé sociale, en réduisant le temps de travail à 35 heures et s'attaquant aux congés pour enfant malade, à la journée de solidarité et aux frais de déplacement.
« On a des cadences qui ne cessent de s'accélérer »
Avec le passage aux 35 heures, les salariés perdront leurs journées RTT et verront leurs congés trimestriels divisés par deux, quand ils ne seront pas totalement supprimés pour les personnels non cadres. « Quand je suis arrivée à l'IRTS, on m'a dit : bienvenue dans la ruche. On a des cadences qui ne cessent de s'accélérer, avec des fonctions administratives qui ont grossi. Ça amène des surcharges. On est ici dans un institut où on enseigne le management, nous on connaît les solutions mais personne ne les applique. À titre d'exemple, le poste de DRH est resté vacant pendant très longtemps », expose Armelle Clain, membre du CSE de l'IRTS.
Selon la directrice de l'ARFIS OI Nathalie Gautron, le choix de dénoncer l'accord sur les 39 heures de travail n'aurait « rien à voir avec les problèmes de trésorerie » de l'association, même si elle se refuse à évoquer la situation financière de la structure. Alors que Sud Santé sociaux évoque une demande d'audit financier effectuée en CSE, Nathalie Gautron assure qu'il s'agirait en réalité d'un audit sur la politique sociale, l'audit financier ne pouvant intervenir qu'après la présentation des comptes.
« On est dans une démarche où, effectivement, on a dénoncé des accords obsolètes qui datent de 1999, qui ne sont plus en lien ni avec le contexte législatif, concurrentiel ou financier. L'objectif, c'est de négocier un nouveau cadre de statut. Aujourd'hui, le contexte a complètement changé. Ça s'inscrit dans une stratégie globale de transformer l'ARFIS OI », avance la directrice générale de la structure.
« Le syndicat n'ayant pas fait de proposition jusqu'à récemment, l'association en a faite une, donc on est ouvert à l'échange. Ils veulent 32 heures sur 4 jours et être payés sur 35 heures, dans le contexte actuel des finances et pour la rentabilité d'une structure, je vous laisse faire vos projections », tance Nathalie Gautron.
Alors que les salariés déplorent leurs conditions de travail et celles d'accueil des apprenants, une revendication aussi vieille que l'existence de l'IRTS, qui vient de fêter ses 25 ans, Nathalie Gautron assure que le projet de construction par la Région d'un nouveau siège à Saint-Benoît suit son cours.


