Grand Raid 2025 : greffé d’un rein, Ludovic Robert s’élance sur la Mascareignes

À 43 ans, Ludovic Robert, greffé d’un rein après cinq années de dialyse, participera à la Mascareignes sous les couleurs du CHU de La Réunion pour promouvoir le don d’organes. Son parcours, symbole d’espoir, s’inscrit dans un projet collectif réunissant patients et soignants.
Quand il franchira la ligne de départ de la Mascareignes ce vendredi à une heure du matin, Ludovic Robert aura déjà remporté sa propre course. Ce Réunionnais de 43 ans, greffé d’un rein en février 2023 après cinq ans de dialyse, participera pour la sixième fois à cette épreuve mythique, mais la première depuis sa maladie.
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« Je suis tombé malade en février 2018, dans le cadre d’une maladie génétique qui s’appelle le syndrome d’Alport. Ça m’a mené à dialyser pendant cinq années, donc douze heures par semaine pendant cinq ans », raconte-t-il. Avant cela, Ludovic avait déjà bouclé trois Mascareignes. « Avec la maladie, tout a basculé, tout s’est effondré. Là, c’était terminé le sport. »
En 2023, une greffe lui redonne espoir et force. « J’ai eu la chance d’être greffé au CHU de Bellepierre. » Depuis, il s’entraîne à nouveau, pas à pas. « J’ai pu reprendre le sport progressivement. J’ai fait la Salazienne et puis des courses déjà un peu plus sympas. Mais la réathlétisation, ça prend énormément de temps. »
Le coureur avoue que le chemin vers la reprise n’a pas été simple. « En dialyse, j’avais droit à 1,5 litre de liquide au maximum par jour. Avec la greffe, je dois reboire, et vraiment bien m’hydrater. Ça n’a pas été facile à remettre en place, surtout avec une immunité très basse. »
Une équipe du CHU pour promouvoir le don d’organes
Cette année, Ludovic portera les couleurs du CHU de La Réunion, au sein d’un groupe de 40 participants réunissant soignants et greffés. Tous courent pour promouvoir le don d’organes. « Le CHU m’a proposé de participer aux courses du Grand Raid avec cette équipe. Moi, c’était la Mascareignes, puisque c’est la course que j’apprécie. »
À la veille du départ, il est confiant, car il s'est « bien préparé, j’ai reconnu le parcours en intégralité. » Sa seule appréhension : la chaleur. « Au-delà du 50e kilomètre, c’est là que le soleil va commencer à piquer, comme dit Créole. Parce qu'on part de nuit à 1h du matin, donc on aura le soleil à partir de 10h-11h du matin, dans la sortie de Mafate/Dos d'ânes. Donc oui, je crains cette chaleur, comment le corps va réagir à cette chaleur en termes d'hydratation ? »
Mais pour lui, cette participation est avant tout un hommage. « Je peux courir aujourd’hui parce qu’une famille a accepté de me donner l’organe d’un des leurs. C’est un geste puissant, un geste fort, et j’encourage vraiment ce geste, parce qu’il donne la vie. »
Le CHU engagé sur le terrain de la sensibilisation
Marilyne Thomas, infirmière au CHU de Saint-Pierre, fait partie de l’équipe qui accompagnera les coureurs. Elle explique comment cette idée est née de monter une équipe du CHU. « On a un groupe de coureurs dans notre service de réanimation qui s’entraînaient déjà. Ils se sont dit : pourquoi ne pas le faire pour une cause ? »
Le Grand Raid s’est imposé comme une évidence. « C’est un événement qui a une belle visibilité et c’est l’occasion de sensibiliser le public au don d’organes. Parce que quand une personne bénéficie d’une greffe, sa qualité de vie s’améliore considérablement. Faire une course, c’est la preuve que ça sauve des vies. »
Durant la course, les soignants assureront le suivi médical et logistique des 40 coureurs. « On va les suivre et les ravitailler. Mais on va aussi profiter des ravitaillements pour sensibiliser la population, et avoir une pensée pour tous ceux qui ont donné. »
“Tout est possible après une greffe”
Pour Stéphanie Lee-Song-Yin, cadre du service de coordination hospitalière des dons d’organes, ce projet illustre la force du collectif. « S’associer au Grand Raid, c’est un moment de partage et de solidarité. Le don, c’est donner une qualité de vie meilleure à ceux qui en ont besoin. »
Elle souligne que le message du CHU va au-delà de la course. « Tout est possible après une greffe. Ces patients montrent qu’on peut se reconstruire, se dépasser, et reprendre une vie pleine. »
Mais la sensibilisation reste essentielle à La Réunion. « Il faut continuer à informer. La population ne connaît pas toujours bien le don d’organes, avec parfois des appréhensions. On insiste sur le respect du corps et sur l’importance d’en parler. » Et de conclure dans un message de solidarité : « Nou toute lé donneurs, nou toute lé receveurs. »


