Grand Raid 2025 : dans la tête des coureurs élites avant le grand départ

À quelques minutes du coup d’envoi de la Diagonale des Fous, les élites s’apprêtaient à affronter les 178 km et 10 500 mètres de dénivelé de la course mythique. Entre sérénité, revanche et excitation, chacun entre dans sa bulle avant la longue traversée de l’île.
Sous les lumières de Ravine Blanche, hier soir, l'excitation était palpable sur la ligne de départ. Derrière les visages concentrés et les sourires, les élites du Grand Raid s’apprêtaient à affronter 178 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif. Dans leurs têtes, un mélange de calme, d’impatience et de respect pour cette épreuve mythique.
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“J’arrive un peu plus sereine”
Pour Émilie Maroteaux, première féminine de la Diagonale des Fous en 2021, c’est une troisième participation. « La première fois, c’était en 2021, la deuxième en 2023, et cette année encore, l’émotion est la même. On apprend un peu des anciennes éditions. Là, j’arrive un peu plus sereine et j’ai vraiment envie d’y aller. »
Vainqueure il y a quatre ans, elle n’a rien perdu de sa motivation. « C’est surtout du plaisir, mais il y a toujours un objectif. J’étais arrivée en 30 h 15 sur un parcours plus court, donc j’aimerais faire au moins l’équivalent, même si cette année, c’est un peu plus long. »
Pour elle, la clé reste la préparation : « Ça se prépare sur le long terme. On apprend année après année à mieux gérer les ultras, avec des courses intermédiaires, des objectifs progressifs. Et on y est. »
“C’est un combat contre moi-même”
Alexis Sevennec, septième en 2023, connaissait déjà la difficulté de l’épreuve. « C’est assez particulier parce qu’on arrive sur une île avec beaucoup d’écarts de température. Et puis, les terrains… ils sont vraiment, entre guillemets, merdiques ! Même si moi j’aime ça, hein. »
Pour lui, la Diagonale des Fous représente la conclusion d’une saison. « On essaye de mettre des pièces petit à petit pour arriver au mieux ici. Mon objectif, c’est d’abord de me faire plaisir. Après, si je peux aller jouer devant, j’irai. Ce sera un combat contre moi-même, et si j’ai les moyens, j’irai jouer avec les autres. »
Même état d’esprit pour Rémi Berchet, cinquième en 2023, qui retrouvait cette atmosphère incomparable. « C’est ma deuxième Diagonale. Ce qui me fait revenir, c’est l’ambiance. Ça change des grosses courses de métropole. Les terrains sont durs, abrupts, mais c’est ce qui fait le charme du Grand Raid. » Son objectif restait clair : « Rentrer à La Redoute le plus vite possible. »
“J’ai envie de terminer ce que je n’ai pas fini”
Chez les femmes, Amélie Huchet abordait sa deuxième Diagonale avec une revanche à prendre. Vainqueure de la Mascareignes en 2022 et troisième du Trail de Bourbon en 2023, elle avait été contrainte à l’abandon l’an dernier, à 140 kilomètres de l’arrivée. « Là, j’espère aller un peu plus loin cette année. »
L’athlète s’était élancée hier soir avec prudence : « L’objectif, c’est de ne pas partir trop vite pour optimiser le temps à l’arrivée. À l’échauffement, les sensations sont bonnes. J’espère vivre une belle course, avec de belles émotions. »
Quelques instants avant le départ, les coureurs s’étaient isolés dans leur bulle. Certains avaient fermé les yeux, d’autres échangeaient avec les autres. Tous visualisaient leur parcours, leurs forces, leurs limites. Pour eux, la Diagonale des Fous n’était plus une simple course : défier autant le chrono que leurs propres limites.


