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Gestion des risques, tenues de bloc, hygiène des mains... La Clinique Durieux a 4 mois pour remédier aux manquements constatés

L'arrêté portant suspension des activités de chirurgie à la Clinique Durieux éclaire sur les manquements reprochés. Dans la liste des griefs, l'ARS pointe une politique de gestion des risques insuffisante, une faible utilisation des solutions hydroalcooliques mais aussi des personnels qui se déplacent dans la clinique avec leur tenue de soins...
Ecrit par N.P. – le vendredi 8 novembre 2024 à 06H14

L'Agence Régionale de Santé (ARS) de La Réunion a ordonné, ce 5 novembre, la suspension des activités de chirurgie et d'endoscopie à la Clinique Durieux.

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Une décision motivée dans son arrêté par un certain nombre de manquements constatés dans le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) en janvier 2024 puis lors d'une mission diligentée fin octobre dernier pour vérifier qu'une meilleure politique de gestion des risques et de la qualité des soins avait été mise en place. Comme nos confrères du Tangue, nous avons pu décortiquer cet arrêté et les faits reprochés à la clinique par l'ARS.

Si les investigations sont encore en cours, la “persistance de pratiques constituant un risque immédiat pour la qualité et sécurité des soins” explique selon l'ARS la décision de cette suspension, mais aussi ” l'urgence tenant à la sécurité des patients et des personnels pour certaines activités“. Les services de chirurgie et endoscopie sont ainsi particulièrement concernés.

 

La consommation de solutions hydroalcooliques en dessous de la moyenne nationale

 

Le rapport de la HAS avait ainsi révélé “que les bonnes pratiques d'hygiène des mains ne sont pas systématiquement appliquées dans toutes les unités de soins ; qu'il avait été observé qu'un certain nombre de professionnels privilégiaient le lavage des mains à l'eau et au savon”. La consommation de solutions hydroalcooliques est ainsi très en dessous de la moyenne nationale à la Clinique Durieux. La HAS évoquait également des professionnels qui ne portaient pas le masque ou sous le menton au bloc opératoire et des analyses des évènements indésirables associés aux soins qui n'étaient pas systématiques répertoriées.

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Ainsi, il y a quelques jours, alors que la clinique fait l'objet d'un accompagnement, à la demande de l'ARS notamment depuis ce rapport de l'HAS, la mission constate que “la communauté médicale reste peu mobilisée sur la thématique d'amélioration de la qualité et la gestion des risques”. L'ARS en veut pour preuve des documents de gestion de ces risques pas assez descriptifs, des personnels qui ne sont toujours pas formés aux nouveaux programmes, ou qui consacrent peu de temps à leur nouvelle mission... La consommation de solutions hydroalcooliques à usage des mains reste aussi inférieure aux quantités attendues...

Comme autre raison à la suspension, l'ARS souligne le manque de rigueur dans le repérage et l'analyse des situations qui remettent aussi “en cause la réalité de la surveillance épidémiologique des infections nosocomiales”. Il s'agit de ces infections contractées dans un établissement de santé telles que les infections urinaires, les infections des voies respiratoires, les infections sur la zone opérée et les infections du sang.

 

Il se déplace dans la clinique avec sa tenue de bloc

 

Pire, la mission pointe un risque “avéré de diffusion à l'intérieur et à l'extérieur des établissements” des bactéries multirésistantes (BMR) et des bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe). Le programme de gestion de ces bactéries est inexistant alors qu'un cas de BMR a été signalé une semaine après une intervention en chirurgie, indique l'arrêté de suspension. “Le ménage des locaux des soins est fait par une société extérieure, avec des agents dont la formation à l'hygiène hospitalière n'est pas contrôlée”, fait valoir l'autorité régionale de santé également dans ce sens.

L'ARS pointe par ailleurs le comportement de soignants “en contravention avec les règles d'habillage et de déshabillage, et avec le risque de favoriser la transmission des agents infectieux” : “Un médecin au moins continue de se déplacer en dehors du bloc opératoire avec sa tenue de bloc et des personnels fréquentent la cafétéria en tenue de soin".

La Clinique Durieux est donc mise en demeure de remédier aux manquements constatés par la HAS et par la mission dans un délai de quatre mois.

Elle a en revanche huit jours pour ce qui est de pallier les manquements moindres relevés dans les activités de la maternité, gynécologie et dialyse.

 

"Décision disproportionnée"

 

Hier, la Clinique Durieux a fait part de “son incompréhension” face à cette décision. “Si nous devons sur certains éléments évoqués poursuivre nos efforts, rien ne semble justifier une décision si disproportionnée”.

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Si la Clinique Durieux apporte la preuve des actions engagées, elle pourra reprendre les activités qui ont été suspendues, rappelle néanmoins l'ARS.

Etiquettes : ARS | Clinique Durieux

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